Pour mes trappeurs sensibles

Hey, bande d’amis, êtes-vous sensibles? Aimez-vous, parfois, regarder par la fenêtre en ayant des émotions? Si vous répondez « oui! », j’ai la musique qui va vous plaire.

On assiste, depuis 2011, à la réémergence du R&B en tant que style musical respecté. Il est de bon ton, dans les soirées mondaines, d’avouer son amour pour des artistes tels que Frank Ocean et the Dream. Je vous présente maintenant Magic Fades, un groupe mystérieux issus de Portland, dans l’Oregon. Ils produisent un R&B taillé sur mesure pour cette nouvelle génération de thugs du coeur, ces sensibles qui pensent avant d’enfiler leurs casquettes Sauvage, beaucoup trop chères… Ils sont apparus sur mon radar il y a quelques semaines. Mishka nous avait teasé avec la track « #1​-​P​.​O​.​L. », une brillante réinterprétation du classique « Sadeness » d’Énigma. Je serai le premier surpris si cette track ne devient pas un staple des mixes de ton DJ favori, pour les mois qui viennent.

Obsession, leur premier album, est disponible en ligne depuis quelques jours. L’époque étant ce qu’elle est, je suis heureux de découvrir un album unique, en ce sens qu’il ne doit rien à Miguel ou the Weeknd. L’univers, les sonorités, un peu moins les thèmes (R&B oblige), témoignent d’une vision artistique bien distincte de celle des contemporains. Leur bio parle de « vieux R&B, fait neuf », je suis d’accord, jusqu’à un certain point. Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant cela je m’attendais à du « new » New Jack Swing. C’est beaucoup plus langoureux, plus Boyz II Men que Bell Biv Devoe. Le tout passé au tordeur EDM/Trapwave de sorcières de la mer. (Je ne suis plus capable de rester à jour dans mes nomenclatures, donc j’invente.)

Ils ont aussi un mini-album : « She Beats all the Haters« , paru en Juillet dernier. L’intérêt de cet album réside dans la dernière toune, « She Beats all the Haters – Obelisk remix« . On y retrouve leur son mixé en straight up house music. (J’aurais pu dire EDM, mais je me respecte.)

J’écoute Magic Fades en écrivant ce post, et je peux certifier qu’ils resteront en « heavy rotation » dans mon iPod pour la durée de 2013.

Bonus : Je pensais avoir découvert Cashmere Cat en écoutant le mix de Kito sur la BBC1, le 20 décembre dernier. Elle avait fait jouer un remix du jeune prodige de 24 ans, originaire d’Oslo, et j’avais noté son nom afin de découvrir son catalogue. C’est en survolant sa page soundcloud que j’ai réalisé que son morceau « Mirror Maru » est un de mes préférés, et ce depuis déjà quelque mois. Il est un des artistes sur qui je garderai un oeil cette année. Je pense qu’il pourrait devenir une des stars de la scène électronique, dans les mois qui viennent, s’il ne l’est pas déjà.

 
 
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T Dot O Dizzot! (Ou de mon week-end à Toronto).

Toronto, ce qui, en ancien Huron, veut dire : « Vieille morue ». J’y suis allé le week-end dernier, un peu sur un coup de tête… Je n’avais pas vraiment d’attentes, on m’avait dit que c’était une ville transformée, qui s’était départie de sa réputation de ville plate. Je pensais donc passer du bon temps, en revenant tout de même convaincu de la supériorité de la vraie ville reine, Montréal! Je dois dire que j’en reviens moins convaincu que je ne pensais l’être. En effet, Toronto et ses habitants s’avèrent être pas mal sympas. On bouffe follement bien, les boutiques sont belles et offrent une sélection super intéressante, la bière est bonne et y’a des choses à voir. Je vous fais donc un petit compte-rendu de mon séjour, en espérant vous inspirer, si jamais vous aller dans la cité des Blokes sur le Lac.

Jour 1 : Vendredi 3 Août

Départ de Montréal, en voiture, vers midi. Pognés dans le traffic, dans le bout de Vaudreuil, pendant environ une heure, pour finalement passer à côté de trois-quatres gars qui gossaient avec une pelle… Nice! Après ça, voyage sans histoires jusqu’aux abords de T.O. Je dois mentionner que les haltes routières jalonnant la route, toutes exactement identiques, plaisaient beaucoup à ma nature obssessive, bravo les Squareheads! Les abords de la ville,  lorsqu’on y arrive, surprennent par leurs forêts touffues, on croirait voir une ville du futur, ayant intégrée urbanité et nature, d’une jolie façon. Ce feeling se dissipe lorsqu’on arrive plus près du centre-ville, le regard étant immédiatement happé par la tour du CN et sa masse imposante. J’ai accompli le tour de force de guider Marie (la conductrice) et de prendre 27 471 photos de la tour, sans même causer le moindre accident. Co-mother-fucking-pilote de luxe dans la place! Braaaaaap, braaaaaaap! Nous avons trouvé, sans problèmes, notre logis, situé dans Kensington Market, aux abords du Chinatown. J’ai déniché la chambre sur le site AirBNB, un site de couch surfing. Notre hôte s’appelait Jesse et était juste assez présent pour répondre à nos questions, sans être intrusif. Son appart n’était pas parfait, chambre un peu chaude et lit pas très confo, mais tout de même un très bon rapport qualité/prix. On drop donc nos valises pas mal vite, et on part se perdre dans la ville. On se retrouve bien vite sur Spadina ave., artère Nord/Sud qui, à cette hauteur, ressemble plus à Hong-Kong qu’à une ville occidentale. Des marchands chinois encombrent les trottoirs et vendent leurs babioles et de la bouffe plus ou moins ragoûtante. On descend vers le Harbour Front, pour se retrouver sur la rue Queen, qu’on décide d’emprunter, la connaissant de réputation. Après un peu de lèche-vitrine, on se retrouve sur la terrasse du Rivoli, établissement que je connaissais, encore une fois, de réputation. C’est un hybride bizarre constitué d’un resto-bar/pool hall/salle de spectacle. Petites pintes de Stella pour se rafraîchir, et après un coup d’oeil au menu, nous commandons : soupe froide au melon d’eau et salade de mate, pour elle, et soupe chaude au poulet et linguinis aux légumes, pour moi. Rien pour casser la baraque de ta bouche, mais, bonne ptite bouffe, pas cher et satisfaisante. On décide ensuite d’accomplir la formalité touristique torontoise, à savoir l’inévitable visite à la tour du CN. Le soleil étant couché, on se dit que la vue de la ville illuminée sera magnifique. C’était sans compter les grillages et éclairages, au sommet de la tour. En effet, ceux-ci obstruent beaucoup la vue, rendant l’expérience beaucoup moins agréable et impressionnante que prévue. Mais bon, ça vaut quand même le coup, ne serait-ce que pour dire qu’on l’a fait. Après cet étape, nous sommes partis en quête d’un endroit où boire un pot. Nous avons déniché ce bar, le Cameron House, où une jeune cow-girl « urbaine » (pouah, le vilain mot!) donnait une prestation hipster-country. Ma compagne de voyage, étant une country girl dans l’âme, était particulièrement enchantée de la chose. Après deux pintes de Steam Whistle (le fait que cette excellente bière du ROC ne se trouve pas à Montréal reste un mystère pour moi), nous sommes sagement rentrès à la maison, afin d’être en forme pour notre première journée complète, au royaume du tramway.

Jour 2 : Samedi 4 Août

Journée shopping. Ceux qui nous connaissent, Marie-Ève et moi, ne seront pas surpris de savoir que nous avons passé une journée complète à magasiner pour des shoes et des fringues. (Vous pouvez partir le clip de « Victime de la mode » d’MC Solaar, pour vous mettre dans la vibe). Je ne vous ferai pas une compte-rendu exhaustif des boutiques que nous avons visitées. Mais bon, Marie s’est trouvé un sac à main, dans une des nombreuses boutiques de trucs vintages qui bordent la rue Queen. Elle est aussi allée faire un tour chez Preloved, boutique ayant autrefois pignon sur rue à Montréal, rue St-Laurent. La boutique de Toronto est maintenant l’unique flagship store de cette griffe de vêtements confectionnés à partir d’étoffes recyclées. Nous sommes ensuites allés chez Canon Blanc, une boutique de vêtements parisiens hommes/femmes, tenue par un Français super sympa qui nous a recommandé quelques endroits, où aller manger et boire. On se dirige alors vers Nomad, une boutique de Menswear que je voulais absolument visiter. On y rencontre, encore une fois, un staff vraiment cool qui nous dit de laisser tomber le Drake Hotel en faveur du Grand Electric, un bar tellement branché qu’on finira par ne jamais y mettre les pieds, dégoûtés par le temps d’attente pour y entrer. Mais bon, si vous n’êtes pas pressés, les torontois « hip » ne jurent que par ce spot. Pause diner chez Nadège, une patisserie Frenchie, où j’ai gouté les meilleurs macarons de ma vie. Les sandwichs, sur croissants et baguettes, sont aussi délicieux. Merci à notre amie Haude (vive le Finistère!) qui nous avait fait jurer d’y aller. Petit repos dans le parc jouxtant la patisserie, puis shopping continuation, marathon style! On rentre à l’appart vers 18h, afin de prendre une douche et déposer les sacs. Nous quittons ensuite pour le Terroni de la rue Queen, un restaurant de bouffe traditionnelle italienne, lui aussi recomandé par le super staff du Nomad. Première expérience culinaire orgasmique du voyage. Nous débutons avec une entrée de Pane, Olive e Taralli, léger mais succulent. Pour le plat principal, Marie opte pour le thon, servi avec crevettes, calmars et salade. Pour ma part, je commande le Ravioli di Zio Paperone, un plat de raviolis au canard confit, je vous met la constitution exacte du plat en anglais, trop la flemme de traduire! (homemade ravioli stuffed with duck confit, fig, roasted butternut squash, sauteed with oyster, button mushrooms and parmigiano). Comme je le mentionne plus haut, ce resto offre une expérience culinaire exceptionnelle. La carte des vins est excellente, tout comme le service. Je vous le recommande fortement. Il est aussi possible de s’asseoir au bar du resto, pour ceux qui veulent seulement boire une bière. Nous nous dirigeons ensuite vers le Grand Electric, pour une couple de verres, mais le temps d’attente d’une heure nous décourage et nous pousse à nous rabattre sur un petit bar de la rue Queen, dont j’ai oublié le nom. À la sortie du bar, notre état d’ébriété semi-avancé nous pousse à aller essayer la poutine torontoise. Arrêt chez Smoke’s Poutinerie, pour une poutine-bacon beaucoup trop bonne à mon goût, étant donné qu’elle fût confectionnée par des blokes. (Une visite sur leur site web m’apprend qu’ils ont une succursale à Montréal, et une à Mont-Tremblant, oups!) Dodo, le bedon plein de rêves bruns. (Scusez)

Jour 3 : Dimanche 5 Août

Début de journée pluvieux, Marie-Ève prend une excellente décision exécutive en nous guidant vers le Art Gallery of Ontario. Le musée présente, jusqu’au 26 août, une magnifique exposition de 147 oeuvres de Picasso. Ces oeuvres sont tirées de la collection personnelle du peintre, elles sont gracieusement prêtées par le Musée National Picasso, de Paris. On y retrouve des pièces de toutes ses périodes, à la fois des peintures et des sculptures. C’est une exposition unique, qui m’a laissé abasourdi. Si vous allez à Toronto, avant le 26 Août, vous devez absolument la voir! Après notre visite, la pluie persistante nous pousse à traverser la rue pour un lunch au Village Idiot Pub. Mon « Grilled Salmon sandwich » s’avérant être un genre de burger McPoisson pané, je vous recommande la prudence dans votre choix de plats, si vous y allez. Nous nous dirigeons ensuite au Eaton Center, par automatisme touristique. Oui, bon, ok… c’est un crisse de gros centre d’achat. Passons. Nous émergeons sur Yonge Street, au milieu de l’équivalent torontois de Time Square, c’est ce type de place, que nous n’avons pas à Montréal, qui permet de classer Toronto dans les villes de catégorie « poids lourds ». Sympa, mais beaucoup trop touristique à mon goût. Petit détour par l’Hotel de Ville, meh (Fuck Rob Ford)… Puis, bière terrasse, prise 2, au Rivoli. La faune hyper-diversifiée du lieu : thugs à poupounes et dames biens mises, en passant par d’horribles touristes du New Jersey, nous offre une heure de « people watching » fascinante. Nous nous dirigeons ensuite vers le Grand Electric, pour la deuxième fois, en espérant pouvoir y entrer immédiatement, sans attente. Peine perdue, on nous indique un délai de vingt minutes avant d’avoir une table. Cet échec s’avère être une fabuleuse réussite. En effet, quelques mètres avant, nous avions remarqué un petit resto, qui semblait très bien, le Chantecler. Finalement, le « très bien » se transforme vite en : « Christ, c’est beaucoup trop bon ce putain de resto! » Le nom du resto, typiquement français, induit d’abord en erreur. En effet, lorsque je demande au serveur de me décrire leur cuisine, celui-ci se lance dans un exposé complexe, pour terminer en m’offrant un « contemporary canadian cuisine » truffé d’influences des plus diverses. Je ne tenterai pas d’expliquer le menu, je vous conseille de le consulter sur le site web. Sachez seulement que j’y ai mangé la meilleure viande de ma « plus-si-courte » vie! Le staff est courtois et semble véritablement passionné par la bouffe. La cuisine ouverte permet d’assister, en direct, à la préparation de la magie. À 115$, pour deux, vin inclus, ce resto constitue l’aubaine du siècle. Allez-y, ou je vous regarderai, pour l’éternité, avec mes doigts en forme de « L », appuyés sur mon front. Pour clore la soirée, après un troisième et dernier essai infructueux au Grand Electric, nous allons découvrir Ossington Street et ses bars, sur recommandation du mec de la boutique Canon Blanc. Premier arrêt dans une micro-brasserie qui, et ça semble un peu trop répandue à Toronto, nous demande d’attendre une vingtaine de minutes pour une table. Non. Nous aboutissons finalement au Reposado, un bar tequila semi-hipster bien satisfaisant. On y trouve des bûcherons urbains, au grand plaisir de Marie. Terrasse dans la cour, ambiance relax en dedans, le bar vaut le détour. Troisième et dernier dodo.

Jour 4 : Lundi 6 Août

Départ. Notre hôte, Jesse, probablement trop triste, n’est pas présent pour les adieux… Bah! Nous décidons, pour conclure en beauté, de faire un détour par la plage de Sandbanks. Cette plage de sable blanc, digne de Miami, se trouve à environ deux heures de route de Toronto. Il en coûte 16$, pour la voiture, afin de faire un arrêt dans ce paradis, situé sur les rives du Lac Ontario. Sable blanc, vagues, on a vraiment l’impression, en regardant l’horizon, d’être au bord de la mer. Après ce moment détente, retour à la voiture… et à la réalité.

En conclusion, j’ai adoré Toronto. Elle se compare avantageusement à New York pour sa bouffe, ses boutiques et la gentillesse de ses habitants. Si vous êtes un habitué de la Grosse Pomme, et vous voulez faire changement, la Ville-Reine a le règne bien doux et ne fait pas trop dans la lutte des classes. (Cette dernière phrase est une présentation de l’Amicale de la Métaphore Pourrie de Baluchon-Les-Glands.)

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Ron Burgundy is back!

Mes hommages,

Connaissez-vous la nouvelle? Le chantre de San Diego (la ville dont le nom signifie « a whale’s vagina ») est de retour! Le son magnifique de sa flûte traversière résonnera de nouveau sur nos écrans. M. Burgundy en a fait l’annonce, en personne, pendant le show de Conan O’Brien. Les consommateurs de « tabac d’orchestre » s’en réjouissent partout dans le monde. Voici, sans plus tarder, la preuve de ce que j’avance.

Et, parce que je suis un chic type, je vous mets mon clip favori des Monty Python’s.

Allez, suffit la rigolade! Passons rapidement au volet vestimentaire de cette chronique. Un label de streetwear basé à Seattle, que j’apprécie beaucoup, vient de sortir sa nouvelle collection. Flying Coffin sont reconnus surtout pour leurs superbes designs graphiques. D’inspiration souvent satanique, beaucoup de croix inversées, béliers et autres pentagrammes, ils sont un peu la version « pour adulte » de Mishka. Je vous présente mon design favori, pour vous donner une idée.

Finalement, ce post ne serait pas certifié Flavourdumois ®, s’il n’y avait pas un peu de musique. Les Death Grips , sur leur page soundcloud, se définissent comme un groupe de rap. Ce label me laisse un peu perplexe, je leur trouve une esthétique et un son beaucoup plus punk que rap, et ce malgré le fait que le frontman du groupe est un MC et l’absence totale de guitares. Ils sont originaires de Sacramento, ont un album gratissssss, et sont signés sur l’étiquette légendaire Epic Records. Le clip qui suit est extrait de l’album The Money Store qui paraîtra le 24 avril prochain.

That’s all folks!

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New Music! Nas, Action Bronson, Maria Minerva et Lakutis.

On commence fort, nouveau Nasty Nas! Le monsieur de Queens revient avec un nouvel album qui s’intitule « The Don. » Je trouve le titre un peu ringard, mais bon, je pense que Mr. Jones se crisse pas mal de mon humble opinion. Le premier extrait, produit par Salaam Remi et feu Heavy D est excellent. Souhaitons que le reste de l’album soit aussi fort. (J’en doute.)

On reste dans le borough de Queens pour aller voir ce qui mijote chez Action Bronson. Le gros crisse de « prosciutto lover » vient de sortir un album gratuit, Blue Chips, produit par Party Supplies, qui se download ici. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Action Bronson est un rappeur d’origine albanaise, sa voix et son flow me font penser à Ghostface Killah de Wu-Tang. Par contre, son contenu lyrical est très différent de celui du Tueur à visage de fantôme. D’ailleurs, Bronson ne semble pas apprécier les comparaisons au Ghost, et il le laisse savoir dans une des tracks de Blue Chips. Son album officiel, donc pas gratuit, « Dr. Lecter » est paru en 2011. C’est correct, mais je préfère Blue Chips, les beats sont plus intéressants. Je vous met le premier clip, extrait de Blue Chips. Âmes sensibles soyez prévenues, c’est un peu hardcore.

Oublions le Rap, pour quelques instants. Maria Minerva, que j’ai découverte dans le dernier numéro de The Fader  (Version papier, comme un homme des cavernes!) est une jeune Estonienne (?) basée à Amsterdam. Elle produit une pop très dark, à fortes influences électro. C’est très sensuel et langoureux, si j’étais vulgaire je dirais que c’est de la « music to fuck too, » mais ma stricte éducation judéo-chrétienne m’empêche de dire un truc aussi horrible. Vous pouvez la découvrir ici. Son LP « Cabaret Cixious » est excellent et se trouve sur iTunes et dans tous les bons disquaires! (J’imagine…) Elle a aussi produit deux EP, « Noble Savage » et « Sacred and Profane Love. » Pas mal pour une jeune femme de 23 ans! Je vous met deux extraits, « Ruff Trade » issu de Cabaret Cixious et « a love so strong » issu de Sacred and Profane Love.

Rapide retour au Rap pour conclure. Lakutis, un pote des dudes de Das Racist, dont je vous ai souvent parlé, a un nouveau clip. Ça s’appelle « Pool Party » et c’est plus chill qu’une brise qui caresse ton visage. Son album, « I’m in the Forest, » est un de mes albums préféré de 2011.

Tartelettes aux ptits fruits.

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Pourquoi l’aquarium n’est pas un habitat approprié pour l’Homme

L’Homme, à travers les âges, a expérimenté plusieurs formes de gîtes et d’abris. Il est passé de la grotte, aux huttes en terre glaise, à la yourte, pour finir avec de magnifiques cabanes toutes pareilles, à Terrebonne! Bravo l’Homme, t’es toujours aussi futé, mon ptit coquin!

Par contre, il est une forme d’habitation, qui malgré les protestations toujours plus stridentes de ses défenseurs, ne convient pas du tout, et ne conviendra jamais à l’Homme. Il s’agit de L’AQUARIUM! Why in the cute little baby Jesus’s name would you want to habite dans un aquarium, bâtard! Appelez moi réactionnaire, mais je trouve que ça n’a pas de maudine de bon sens. Je vais donc vous énumérer les trois raisons qui discréditent l’aquarium, en tant que logis d’Homme.

1. Nous ne sommes pas des Snorkys.

Vous êtes, je suis, nous sommes tous des Homo Sapiens Sapiens! (Homo, LOL!) Cette qualité, que nous partageons tous, fait en sorte que notre peau n’a pas une couleur vive. Nous ne sommes pas des personnages de bande dessinée. La plupart d’entre nous ont des emplois sérieux, avec un mode de vie sérieux. (Ce qui n’est visiblement pas le cas de l’auteur de ce blog.) Il serait donc aberrant que nous cherchions à habiter sous l’eau. Soyons sains, et laissons ce mode de vie dépravé aux horribles Snorkys. La photo suivante présente les horribles Snorkys dans leur milieu naturel.

2. L’Homme se nourrit de poissons.

Un tartare de saumon, un filet de flétan, un ragoût de barbotte à la menthe et aux abricots. Ce sont tous des mets succulents dont raffole l’Homme sain. Le point commun de tous ces plats? Le poisson! Le succulent poisson. Maintenant, utilisez votre imagination, transportez-vous dans votre nouvel aquarium douillet et confortable. Qui sont vos voisins? BAM! Des poissons, de succulents poissons. Avez-vous vraiment envie d’habiter un quartier où vos voisins font partie de votre diète quotidienne. Avez-vous vraiment envie de saluer votre voisin saumon, de manière hypocrite, lorsqu’en fait vous ne pensez qu’à le tuer, pour ensuite le dévorer? Je ne crois pas… et si vous répondez par l’affirmative, vous êtes un dangereux psychopate. Sachez que je vous juge sévèrement.

3. Le respect du proverbe.

« People who live in glass houses shouldn’t throw stones. » C’est du latin, je n’ai aucune idée de ce que ça veut dire, mais je sais que ça parle de ne pas lancer des roches si vous habitez une maison de verre. De quoi sont fait les aquariums? DE VERRE! Donc, si vous habitez un aquarium, interdiction formelle de lancer des roches. Avez-vous déjà lancé une roche? C’est cool en tabernacle! Tu te promènes sur un ptit chemin de campagne, tu vois une grosse crisse de roche, tu la ramasses et tu la garroches sur un poteau! Bon, tu rates le poteau de 5 mètres, mais ça reste cool en sacrament! Êtes-vous vraiment prêt à abandonner tout ça juste pour pouvoir habiter dans un stupide aquarium? Non? C’est bien ce que je pensais.

Et voilà, trois arguments, et c’est tout l’édifice qui s’écroule. N’habitez pas dans un aquarium, c’est stupide, et s’il y a bien une chose dans laquelle je suis expert c’est la stupidité.

Peace. Love. Unity. Respect and Fuck Les Aquariums.

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Spring style (Un jour de tempête)

Dehors, il y a tempête. Ça ne me rend pas très heureux. Lorsque je suis malheureux, j’utilise la technique du déni, je ferme les rideaux et m’invente une réalité parallèle. Dans cet univers imaginaire c’est le printemps, les oiseaux gazouillent et les gens ne sont plus affublés d’informes combinaisons spatiales. Ils portent des vêtements, certains sont beaux, la plupart sont laids. J’aime les beaux vêtements, c’est un vice, ça coûte cher, mais bon, c’est quand même mieux qu’une dépendance à l’héroine. J’aime aussi bloguer, c’est un vice, ça ne coûte pas une cenne, et ça me permet de combiner deux vices en un! Let’s talk guenille, bitches!

Je suis allé courir ce matin, dans la tempête, c’était bien. J’adore courir, mais avec nos conditions climatiques chaotiques, il est nécessaire d’avoir de bons vêtements. Si je pouvais me permettre n’importes quels vêtements de course, je choisirais les fringues du designer Jun Takahashi. Le fondateur du label Undercover, basé dans le quartier Harajuku de Tokyo, produit depuis quelques années la ligne Nike Gyakusou. Des vêtements hyper-techniques, pour les coureurs qui recherchent la haute-performance. Le teaser-video pour la collection S/S 2012 est à couper le souffle. Je n’ai pas connaissance de boutiques basées à Montréal qui offrent la collection, vous devrez donc la trouver sur les internets.

Au printemps, comme à l’automne, les températures fraîches permettent le port de plusieurs couches. La couche extérieure est souvent représentée sous la forme d’un jacket léger. Ça tombe bien, je suis un « jacket léger afficionnado. » J’en ai plusieurs, mais j’en veux toujours plus. Je vous en mets quelques-uns que j’aime bien.

First, on reste dans la mode japonaise avec SOPHNET, un track jacket et une doudoune. J’ai choisi les versions bleus mais d’autres couleurs sont disponibles. Ensuite, deux trucs de Warriors Of Radness, un label de surf qui plaira aux amateurs de la vague statique! Le premier jacket est un genre de varsity/stadium jacket, très simple, très clean, j’adore! Le deuxième est un parka qui se passe par-dessus la tête, très cool aussi et plus flashant, pour attirer le regard des dames comme un fier paon! Finalement, on peut toujours compter sur Supreme pour produire des coats solides et stylés. Un varsity jacket hyper-rétro et un quilted work jacket avec un blimp dans le dos, plus frais que ta grand-mère!

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Je m’en voudrais de faire un post de mode sans parler de mode féminine. Le printemps sera pastel et fluo pour les dames. Je vous présente quelques labels sport/streetwear qui feront fureur cet été. Pour celles qui aiment la couleur, les imprimés et qui sont down avec la vague rétro-90s-raver-PLUR, Dimepiece Designs, fondé en 2007 par Ashley Jones et Laura Fama vous plaira beaucoup! Dans un même ordre d’idée, Gerlan Jeans, le label de Gerlan Marcel, s’inspire des années 90 et de labels tels que Benetton, Esprit et Gaultier Jean’s pour produire des pièces complètement déjantées. C’est du Jeremy Scott à la puissance dix! Beyoncé et Lil’ Wayne sont au nombre des fans de la designer de Brooklyn. Pour terminer avec le look rétro-90s, je vous laisse avec un court clip de Cassette Playa, le label de Carri Munden. Cette jeune londonienne est une vedette de la scène rave, elle a servie de styliste à M.I.A et Dizzee Rascal, et aux magasines Dazed & Confused et SuperSuper.

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Sound Bwoy Burial

Morue,

Vous avez probablement déjà rencontré un dinosaure musical. Tsé, le genre de personne qui peste contre la « musique d’ordinateur » et les pousseux d’pitons. J’ai toujours apprécié l’ouverture d’esprit, digne d’un junker prussien, de ces galants personnages. Maintenant, si j’en recontre un, je lui balance par la tête la musique de Burial, pour lui montrer ce qu’il manque. Qui donc est-ce que ce Burial que tu balances si cavalièrement, me demandez-vous? (Ouf, pas sûr de celle-là, mais je suis paresseux donc je la laisse intacte.)

Burial, comme son nom l’indique, est un producteur londonien du nom de William Bevan. (Je sais que son nom n’indique rien du tout, je vous ai tellement bien eus!) Il se spécialise dans des sons typiquement londoniens, à savoir le garage, le 2step, et un peu de dubstep. Il émerge sur la scène électronique en 2006, avec un album éponyme. Cet album consacré album de l’année par le magazine The Wire, est unaniment salué par la critique. Son deuxième album, « Untrue, » est tout aussi acclamé et cimente la réputation de Burial en tant que producteur d’élite. Depuis la parution d’Untrue, Burial n’a pas sorti de longs jeux (comme dirait ton père) il se contente d’EP’s, de remixs et de collaborations, avec, entres autres, Four Tet, Massive Attack et Thom Yorke. Le but de mon billet est de vous parler de son plus récent EP, « Kindred, » paru en janvier dernier.

Kindred c’est trois tracks : Kindred, Ashtray Wasp, et Loner. C’est paru sur l’excellent label Hyperdub, qui a aussi publiés les deux précédents albums de Burial. Les deux premiers titres durent plus de 11 minutes, tandis que Loner fait un peu plus de 7 minutes. On à donc droit à plus d’une demie-heure de musique, malgré la présence de seulement trois titres.

Comme tout ce que produit Burial, Kindred pourrait facilement être la trame sonore d’un film. Un film sombre et pluvieux, qui finirait mal. On y retrouve le son typique du londonien, les drums patterns trop clairs et les différents samples qui s’empilent comme les couches sédimentaires d’un sol ancien. C’est toujours les mêmes sonorités qui reviennent, à travers les différents albums. Écouter Burial c’est un peu comme se promener dans un labyrinthe, on a toujours l’impression d’être déjà passé par là, sans pouvoir l’affirmer avec certitude. C’est un déjà-vu infini qui présente sans cesse d’infimes modifications. Sa musique comporte autant de textures et de motifs que les tartans des divers clans écossais. (Et voilà, c’était la minute-métaphores du jour.) Pour faire simple, j’adore. C’est de la musique pour rêver, mais comme je le dis plus haut, ce n’est pas joyeux. C’est parfait pour une journée orageuse ou un suicide collectif. Donc, garrochez-vous sur iTunes, à 3,99$ c’est pas mal le deal du siècle. Je vous met « Kindred » pour vous allècher un peu.

Je vous laisse avec un nouveau clip de mon rappeur favori, RiffRaff, et une vieille gogosse que j’avais dans la tête en me levant ce matin.

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Mixmania (« Maintenant, on prend de la drogue » edition.)

Hey, un peu pressé aujourd’hui, j’écoute « Faut pas dire à maman que la gardienne mange les pissenlits par la racine » avec trois nains Pygmées (Nains Pygmée = Fucking rare! J’ball so hard…) en lichant des tortues amazoniennes qui buzzent. Un jeudi matin comme le vôtre, quoi…

Si vous êtes comme moi, vous pratiquez probablement une activité dite « physique. » Quoi de plus cool que de pratiquer cette activité en écoutant de la musique? Par contre, ce qui peu devenir chiant, c’est d’avoir à se créer des playlists de musique « motivante. » C’est ici que j’entre en scène, style fantôme de l’opéra en beaucoup plus twit! Je vous met trois bons ptits mixtapes qui vous permettront de vous défoncer comme la fille dans le montage de Flashdance!

Primo, un truc très éclectique de DJ Knife. C’est rock, électro, moombathon, rap, etc… Pour ceux qui aiment la diversité. Ça se trouve chez Frank151.

Secundo, je ne sais pas si vous êtes familier avec Com Truise, je sais, par contre, que vous devriez l’être. Cet excellent producteur est une de me découverte favorite de l’année 2011. Pour les plus vieux, c’est un peu un RJD2 des temps moderne, productions planantes et musclées qui ratent rarement la cible. Il a pondu un mixtape pour la soirée « Check Yo Ponytail » organisée par Mishka, qui sillonne les U.S. of A. C’est mon mix favori de l’année 2012, pour l’instant. Ça se download ici. C’est plutôt électro-rap, avec un soupçon d’indie rock à la sauce chillwave.

Tertio, à tout seigneur tout honneur, un bon vieux mix de Diplo c’est une assurance « augmentation de vos battements de coeur/minutes. » Ça se trouve ici, et j’ai découvert via les joyeux drilles de 10kilos.us.

Finalement, une ptite rafale de musique que j’aime :

« Archangel » – Burial (Du vrai dubstep…)

« Hypocrite » – Lush

« 10g de swag » – Set&Match (Trop un gros banger celle-là!!)

Chatons!

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Ça part en couille!

Fraternelles salutations camarades!

Aujourd’hui, ça part en couille! Une superbe omelette musicale, sans aucune cohérence. Vous aurez des heures (minutes) de plaisirs garanties! (Non)

J’écris « Trip-Hop, » vous pensez immédiatement : Massive Attack ou Portishead. (Certains pensent « bacon, » mais c’est parce qu’ils sont gloutons.) Bien qu’excellents, ces deux bands ne sont pas à l’origine de mon album ultime de trip-hop. Cet honneur revient à un petit band méconnu (originaire de Bristol, bien sûr!), du nom de Crustation. Paru en 1997, « Bloom » est une perle oubliée de l’ère où le « Bristol sound » dominait la scène musicale underground. Crustation c’est trois producteurs, ayant déjà travaillé avec Adrian Utley de Portishead, et une chanteuse, la magnifique Bronagh Slevin.

C’est le copain de ma soeur qui m’a fait découvrir cet album, au début des années 2000. Il m’en parlait sans arrêt. Ça m’a pourtant pris un bon bout de temps avant de finalement écouter.  Sottise! Dès la première écoute, j’ai été subjugué. Je marchais du Cegep à la bibliothèque, l’album jouait dans mon Discman, et j’ai dû m’arrêter sur un banc pour écrire tellement j’étais inspiré par ce que j’entendais. (Je ne peux pas croire que je partage ça, mais bon, c’est la stricte vérité.)

Crustation c’est ça, de l’inspiration à l’état pur. Je ne peux écouter sans être bombardé d’images. C’est à la fois baroque et futuriste, ça me fait penser à des orgies décadentes dans des manoirs abandonnés de la campagne anglaise. C’est pluvieux, c’est froid, c’est triste. C’est, surtout, excellent! Mais bon, je vous laisse juger par vous-mêmes!

Crustation – « Purple »

Crustation – « Face The Waves »

Crustation – « Reverie »

Je ne sais pas si ça s’achète sur iTunes, si vous êtes doués pour le download vilain vous finirez par dénicher l’album. Je vous le recommande plus que fortement.

Bon, c’est beau la déprime, mais je sais que plusieurs d’entre vous se sont réveillés ce matin avec une idée fixe en tête : « Je veux écouter une toune de Trap Tech aujourd’hui! » (Je sais que vous savez tous ce que c’est que le Trap Tech, mais bon, pour les cancres, le Trap Tech c’est du Trap Rap sur un beat de Ghetto Tech, ça va de soi!!!) Pour répondre à votre pressant besoin, je vous présente Kaptain Cadillac. Le dude est français et se spécialise en boomboom, c’est le genre de dj qui veut t’imprimer des mouvements giratoires dans le bassin. Tu va tellement tourner du booty que tu t’envoleras, comme un hélicoptère, propulsé par le tourniquet de tes fesses! Je pourrais faire la bio du mec, mais bon, c’est pas de la musique de génie… Hédonisme, on met son cerveau à off et on bouge!

Je vous parlerais bien de milions d’autres trucs, mais j’ai tellement de plaisir à essayer d’embed le player de soundcloud qu’avant d’ostire mon laptop par la fenêtre, je vais terminer ce post. Je vous laisse avec le nouveau clip d’M.I.A, la grosse pas fine qui fait des « fuck you » pendant la Super Bowl, pour faire de la peine à Jésus! Son clip est complètement bonkers, réalisé par Romain Gavras. Comme toujours, Maya, je t’aime d’un amour pur et sans taches!

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Ode à l’Unicycliste

Ô toi l’Unicycliste,

tu t’éveilles, fils de l’aube, avec les premiers rayons de l’astre solaire. ( En fait, il est 12h54, mais bon, comme tu te dis ; « c’est toujours l’aube à quelque part sur cette planète. ») Tu t’étires un peu, sous tes couvertes de lin « bio, » remerciant le Bouddha de la nuit pour les magnifiques rêves qu’il t’a offert. Tu te tournes ensuite vers Marie-Chanvre, ta complice de vie, pour admirer l’orbe de nacre de son visage. ( Marie-Chanvre, que le gouvernement connaît mieux sous le nom de  « Linda, » n’a pas du tout un visage de nacre, rapport aux crottes de fromage qu’elle consomme sans modération.) Tu enfouis alors ton visage dans le doux buisson de sa toison d’aisselle. Quelle volupté, quel confort… quelle horeur! Un de ses poils, que tu fais semblant d’apprécier, s’est faufilé dans ta bouche! Tu retires vivement ton visage, et passe les cinq minutes suivantes à extraire l’exécrable pilosité.

Allez hop! Il est temps de sortir du lit. Tu poses sur ton nez tes lunettes parfaitement rondes, identiques à celles de ton idole : John Lennon. (Tu n’as pas vraiment besoin de lunettes, mais tu trouves qu’elles te donnent un certain panache d’intello décadent. En réalité, elles te donnent l’air d’une marmotte myope.) Un p’tit saut aux cabinets pour prendre ta douche ; activité qui consiste à t’asperger le corp de patchouli. ( Au grand dam des gens qui te côtoient quotidiennement.) Une fois bien aspergé, tu passes au salon, où tu exécutes maladroitement les quelques mouvements de Yoga que tu as toi-même créés, mouvements qui te vaudront des maux de dos effroyables, et ce dès la quarantaine. Ton corps est entraîné, il est maintenant temps de le nourrir. Tu contemples ton armoire remplie de bouffe macrobiotique avec une moue dégoûtée. Tu décides alors de profiter du sommeil de Marie-Chanvre pour sortir ta boîte de Fruit Loops de sa cachette et t’en verser un gros bol, que tu savoures à pleines cuillères. Il est tellement rigolo Toucan Sam! Et voilà, ton rituel matinal accompli, tu trépignes d’excitation à l’idée de ce qui t’attends maintenant : TA RIDE D’UNICYCLE JUSQU’AU BOULOT!!!

C’est avec une excitation non-feinte que tu vas chercher l’engin, qui trône glorieusement au milieu du salon. Tu possèdes en fait trois unicycle différents. Chaque « bête » est spécifiquement adaptée aux différents types de terrain que tu rencontres. Aujourd’hui, c’est ton « tout-terrain » que tu montes, ton favori, celui que tu surnommes « Morgoth, » du nom du Dieu du mal ultime de l’univers des romans de Tolkien. (Non mais, quel ringard cet unicycliste.) Tu choisis « Morgoth » parce qu’en ce 7 Janvier 2009 une tempête de neige fait rage sur la ville de Montréal. Tu pourrais faire comme les faibles et prendre le transport en commun, mais tu préfères montrer aux bourgeois comment se déplace un vrai saltimbanque. Après un dernier bisous à Marie-Chanvre, tu dévales les marches de ton logement et émerge, tel un triomphant vainqueur, sur un boulevard Jarry chaotique et obstrué par d’immenses congères. Tu enfourches fièrement ton pur-sang, et t’élances sur la voie. Quel bonheur pour toi de braver le froid et la tempête, tu te sens comme Leonardo Di Caprio dans « Titanic. » Tu es le Roi du monde!!! Jusqu’à ce qu’un enragé (en l’occurence Moi, le narrateur de ton histoire) surgisse de nulle part et t’assène un fulgurant « jumpkick à deux pieds » qui te désarçonnes de ta monture. Ne te laissant pas le temps de reprendre tes esprits, le fou furieux t’aggripe par le collet et t’hurle :  » Eille esti d’hippie à marde, y’a une calice de tempête de neige dehors sacrament. Tu vois pas?!?! Même quand il fait beau t’as l’air d’un esti d’plouc sur ton calice d’unicycle, faque là je m’excuse mais tu me gosses juste trop. Fait comme tout le monde, soit en crisse, pi prend l’osti d’métro. TABARNAK. » Il s’enfuit alors, aussi vite qu’il est apparu. Toi, noble et stoïque, tu remontes sur ton destrier, inébranlé, et tu t’enfonces dans le jour.

FIN

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