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Pipi girl

Comme tout mâle moderne qui se respecte, je me dirige, lorsque contrarié, vers le débit de boisson du coin. J’y ingère une quantité appréciable de houblon, ce qui me permet de devenir, les heures filant, toujours plus intelligent. Mon cerveau se fait le dépôt d’un intellect supérieur; machine dont la capacité d’analyse n’a d’égale que la subtile finesse des observations qui en émanent.

C’est au cours d’une soirée du genre — où j’étions occupé à briller en société — que mes sens affutés comme une lame émoussée finissent par remarquer une jeune épicurienne qui s’époumonait les yeux à me crier du regard. N’étant pas un habitué de la chose, j’ai fait quelques tours sur moi-même, comme un cabot préparant sa couche, pour avoir la certitude d’être bien le récipient des oeillades lancées par la créature. Me tenant seul dans un rayon d’environ deux mètres carrés, j’utilisai les capacités de calculs fulgurantes qui m’habitaient pour déduire que j’étais bien le destinataire de ce flirt oculaire sauvage. Après la terreur initiale ressentie, je m’approchai de la bête, m’étant au préalable muni d’un tabouret, tel un dompteur de formation.

C’est ici que je m’enveloppe de ma prérogative de personne qui est full en train d’écrire cette historiette pour faire un Tarantino de moi-même et revenir en arrière. (Bruits de science-fiction). Étant possesseur d’une bizounette, je mentirais en disant que je n’avais pas déjà enregistré la présence de ma chèvre amie. Cette présence était des plus remarquable de par la position dans laquelle se tenait la courtisane, une façon d’être communément appelée “slutty”, dans la lingua franca de l’époque. En effet, perchée sur une table de pool, la dame aux yeux hurleurs ne se gênait point pour ouvrir sporadiquement les jambes, me laissant entrevoir sa culotte petite, et m’offrant le passage de ses Dardanelles comme l’Empire ottoman n’avait jamais osé l’offrir à la flotte de guerre russe. Fin de la tarantinhèse.

M’avançant comme un chat en mode attaque, corp sur le côté tout en effectuant de ptits bonds, je me dirige vers ma proie. Remarquant mon approche, celle-ci contre-attaque! Ouvrant encore une fois ses longues guibolles, elle décide de provoquer mon Hiroshima personnel en mouillant de la façon la plus “casual” qui soit sa culotte. Ou, si vous préférez les trucs claires : LA FILLE À PISSE DANS SES ESTIS DE CULOTTES EN ME REGARDANT DROIT DANS LES YEUX!

Je ne sais plus très bien comment continuer cette histoire, tout comme, à l’époque, je ne sus point, pendant de longs instants, comment réagir à cette douche froide… ou tiède, en fait, probablement une douche à 37°C.

M’efforçant de recueillir les morceaux épars de mon cerveau post-hiroshimique, j’arrivai à distance de parole d’Urinette :

– Ça t’excite, hein, mon cochon?
– Euh, ben, si par « excite » tu veux dire que j’espère en crisse que tu vas prendre une douche si tu me ramènes chez toi, ben, oui, ça m’excite en crisse…

– T’as pas envie d’y goûter?
– Non merci, sans façon. Mais je te paie volontiers une poutine à la Belle Province si tu veux qu’on mange ensemble.

– Ouin… j’suis pas sûr que t’es assez wild pour moi.
– Ben, j’aime bien la toune « Chat sauvage » de Marjo, ça comptes-tu?  »

T’as peut-être déjà vu quelqu’un réfléchir très fort, mais je ne pense pas que quiconque ait déjà vu une entité se débattre comme le faisait ma cervelle face à l’intensité de Pipi Girl. Le problème étant, d’abord, mon manque total d’expérience face à une situation du genre. L’autre étant le silence disgracieux qui s’était maintenant installé entre nous, un silence probablement aussi désagréable que la moiteur de son « swimsuit area ».

Personne n’a jamais dit que « l’avenir appartient à celui qui embrasse Urinette » — parce que ce n’est pas un super proverbe. C’est toutefois ce que je me résolus d’entreprendre, seul façon, selon moi, d’endiguer le flot du silence qui nous submergeait. (Métaphore liquide, wink, wink).

Lorsque ma bouche rencontrut la sienne, ce fussions bien pendant quelques instants, jusqu’à ce qu’elle agrippe ma main d’une poigne de fer, digne de celle de Stalinours, et qu’elle se l’applique fermement sur le péril jaune. Je capotusse en sacrament. Genre :

 » – Neunon, Fille! C’était cute sul’coup, in an it’s fucking pas cute sul’coup kind of way mais bon… Mais je ne niaisais vraiment pas quand j’ai formulé le souhait de te voir prendre une douche avant que nous entreprissent quoi que ce fut de plus en avant, you know?
– Es-tu vraiment en train de me dire que ça ne t’excite pas!?!

– Euh, oui. Je peux te le faxer aussi, ou demander à un scribe romain de te le graver sur une tablette de marbre, en double, si t’as besoin d’une copie pour tes archives.
– Bon, ben je m’excuse Marjo Lover mais j’ai pas vraiment de temps à perdre avec des stuckups comme toi. Je vais me trouver un dude qui fait du wakeboard, ou un lifeguard, un dude qui aime ça en crisse aller aux glissades d’eau! »

La morale de l’histoire : va lire les Fables de Lafontaine si tu es à la recherche d’un récit édifiant. (Ou, cette belle maxime : Le pipi en amour, c’est caca).

Fin

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L’histoire typique

C’est l’histoire typique, tu sais le genre d’histoire typique qui commence par: “C’est l’histoire typique…”

L’histoire typique d’un gars et d’une femme. Le gars vient de se prendre en main; il a perdu du poids, il ne met plus de GHB dans sa cocaïne, il mange même des légumes. La fille on ne le sait pas trop, parce que t’sais c’est pas elle qui écrit l’histoire.

Ils ne se rencontrent pas vraiment, ils se connaissent déjà via des amis communs. Un jour, la fille écrit au gars sur Facebook pour lui demander s’il veut aller voir un show avec elle. Le gars est con, mais pas trop, donc il dit oui. Pendant le show ça ne clique pas du tout, peut-être à cause de la musique trop forte, peut-être parce que l’ex de la fille s’adonne à être là, qui sait. (Moi je le sais, mais je vous laisse deviner).

Le temps passe, ils s’écrivent sporadiquement sur Facecroûte, mais le gars a pas mal fait une croix là-dessus. Ça l’air que pas elle. Un autre message : “Veux-tu venir voir X avec moi, à La Tulipe?” Et lui de répondre : “Why not Peanut?” Je vous l’ai déjà dit y’est un peu con.

C’est l’histoire typique, celle où la deuxième date va un peu mieux que la première. Rien de fou, pas de french en se quittant, mais le dude se dit qu’il va poursuivre le filon comme un bon chercheur d’or.

La fille c’est le genre de fille cool : celle qui écoute de la bonne musique, celle que ses nombreux tatoos tes trouve pas quétaines, celle qu’il faut que t’impressionnes. Tu ne peux pas vraiment l’emmener chez Score’s et lui payer une bière à la Boîte à Marius. (Vomi). Tu décides de l’inviter boire un verre dans un nouveau bar qui vient d’ouvrir, sur Rachel. Une soirée organisée par une boutique de vêtements “In”. Swague. Elle trouve ça bien, au début, mais elle se lasse vite. Qu’est-ce tu veux? Elle est cool! Vous commencez donc une intense session de “bar hopping”, virevoltant de spot en spot. Tu remercies au passage ta bonne étoile qui fait que tu rencontres des gens que tu connais, et que tu rentres gratuit dans un des bars parce que tu connais le doorman. Double swague. En fin de soirée, dans le bus de nuit, t’essaies maladroitement de poser tes lèvres sur les siennes. Échec. Trou noir.

C’est l’histoire typique où cinq minutes plus tard, dans un brouillard dépressif, tu reçois le texto suivant : “T’sais dans la vie j’aime ça prendre mon temps. ;-)” Rave dans ta tête. Tu trippes des esti d’bananes. Tu t’empresses de lui répondre que… non, t’attends un peu pour lui montrer que ça ne t’énerve pas trop. Donc dix minutes passent, et tu lui réponds un truc du genre : “Je comprends, j’ai vraiment passé une belle soirée avec toi. J’ai hâte de te revoir.” Elle acquiesce et te souhaite de beaux rêves. Branlette.

Pour votre prochain rencard, tu sais qu’il faut que t’assures un max. Tu l’invites à souper dans un resto végétalien. (Qu’elle connaît déjà, elle habitait à côté. Fuck.) Puis, vous allez en vélo dans un obscur festival de films… sur le vélo. Ça, c’est pas mal, t’as l’air d’un gars qui “fait” des choses, qui “va” à des places ; même si dans le fond t’aimes ça en christ regarder le football en mangeant des chips. T’es pas mal stressé parce que tu sais qu’il va falloir que tu fasses un move à la fin de la soirée. Puis, faire des moves, t’es pas bon là-dedans. Le festival se termine, vous remontez sur vos bécanes : un Bixi pour madame et pour toi ton dix-vitesses japonais vintage, ‘stiktescool! Vous vous rendez jusqu’à Rosemont/St-Hubert, le nexus, l’endroit où faut que tu fasses ton move. Mais t’es con donc tu lui donnes un bec sur la joue. Vu qu’elle est moins conne que toi, elle te dit : “Vous êtes vraiment twits les hommes du pays, z’êtes pas foutus de saisir votre chance quand elle passe.” C’est pas la première, ni la dernière, qui te fait ce commentaire. Tu décides de lui montrer que t’es quand même capable de courir après la chance pour essayer de la ressaisir ; en état de profonde panique tu te garroches, bungee style, et tu lui plantes tes babines sur les siennes. Réponse positive. Échange de fluides salivaires debout sur vos vélos, au coin de la rue, comme dans un film. Galaxie d’étoiles dans ses yeux, supernovae dans les tiens. Elle aime prendre son temps donc elle rentre sagement chez elle. Par contre, une fois rendue, elle te texte pour te dire qu’elle fume un joint sur son balcon avec un gros smile étampé dans la face. Double branlette.

C’est l’histoire typique où vous entrez dans la période de grâce. Celle où vous ne faites que batifoler au lit, où vous rigolez sans arrêt. Le matin, elle se roule un joint dans ton lit juste en bobettes avec ton vieux t-shirt et tu trouves que c’est plus beau que la naissance d’un premier-né. Vous vous promenez main dans la main, super bien habillé, tu trouves tellement que vous êtes hot. Ça va bien dans ton coeur et ça semble bien aller dans le sien. Un soir, elle t’annonce d’un ptit ton désinvolte en te coulant un regard en coin : “J’ai parlé de toi à ma mère.” T’entends ça et y’a comme, un peu, une symphonie qui se met à enfler en toi. “Sonnez hautbois, résonnez musettes…” C’est le bout typique de l’histoire typique, t’sais, le bout plate où tout va bien.

Quelques semaines passent, vous vous voyez aux deux jours et ça semble bien aller. Pourtant, tout à coup, tu reçois l’esti de texto de marde : “Faut que je te parle”. T’es flabbergasté parce que vous ne vous êtes jamais même ostinés. Tout n’est que rire et rigolades, folles chatouilles et pénétrations. Tu lui dis que tu vas passer chez elle après la job. T’arrives en t’attendant au pire. Surprise! Elle est gelée comme une balle en train de rigoler avec sa coloc; c’est tellement LOL les clips de chats sur Youtube. Surtout quand t’as fumé un immense pétard! Toi tu te la joues détendu même si dans ta tête tu la traites de tous les noms : “C’est quoi son esti d’problème? Elle veut me parler puis…” Vous finissez par domper la coloc et vous vous retirez dans sa chambre. Si t’as déjà interagi avec quelqu’un qui vient de fumer un gros spliff tu te doutes que ce que la fille débite c’est pas très cohérent. Elle commence à te dire qu’elle à peur que tu sois en train de t’attacher, qu’elle ne veut rien de sérieux, qu’elle n’est pas en état de s’engager. Tu la regardes d’un drôle d’air parce que tu trouves qu’elle s’énerve un peu. Vous vous fréquentez depuis un mois et vous vous êtes dit, dès le début, que ce n’était rien de sérieux. Tu lui dis. Elle comprend tout croche parce qu’elle a trop fumé et est en mode parano. Super. Après une quinzaine de minutes d’échanges infructueux, vous arrivez à un compromis : celui de maintenir le statu quo. Tu trouves que c’était une belle tempête dans un verre d’eau, comme le titre d’un roman de la Courte Échelle. Annie Croche, yo!

C’est l’histoire typique, celle où le doute a été semé. Vous vous revoyez une couple de fois. Toi t’es pareil, mais t’as l’impression qu’elle ne l’est plus. Tu ne comprends pas du tout pourquoi elle complique la situation, pourquoi elle ne peut apprécier le moment présent. Carpe mother fucking Diem tabarnack! Tu blâmes son sexe au complet parce que c’est facile… sauf ta mère et ta soeur, elles sont chills.

C’est l’histoire typique où ce qui doit arriver arrive. Tu la textes en fin d’après-midi pour savoir si elle veut que tu viennes coucher ce soir-là. Pas de réponse. T’attends quelques heures et, sachant très bien que tu ne devrais pas, tu lui réécris : “As-tu reçu mon texto? Mon cell fuck des fois” (menteur). Toujours pas de réponse. T’attends encore puis tu décides que c’est sûrement la faute des cellulaires, donc tu lui écris sur Twitter. Elle finit par te répondre, via Twitter, à une heure du matin : “Désolé, je ne savais pas quoi te répondre, donc je ne t’ai pas répondu.” Raisonnement sans faille, mais t’sais, vas chier quand même. Tu décides d’attendre le matin pour lui répondre parce qu’un moron a dit que la nuit porte conseil. Elle porte aussi l’insomnie quand ta relation s’effondre sans que tu puisses comprendre pourquoi. Tu l’appelles en te levant et tu lui demandes si elle veut que tu passes chez elle pour en parler : “Non, c’est pas un bon moment pour moi”. “Bon, ok, tu me donneras des news quand tu seras prête”, frette de même et tu raccroches. Tu passes une journée de merde.

C’est l’histoire typique où tout le monde te dit qu’il faut que tu te la joues indépendant. “Laisse-la tranquille elle va revenir d’elle-même. Les femmes aiment les hommes qui les ignorent.” Ouin, elle a aimé ça en christ que tu l’ignores on dirait ; elle ne t’a jamais réécrit. T’as fait la même chose. Le bout un peu moins typique de l’histoire, le bout 2.0., c’est quand tu réalises, deux semaines plus tard, qu’elle t’a “unfriender” sur Facebook et “unfollower” sur Twitter. T’es pas allé voir sur Myspace, mais t’es pas mal sûr que t’es plus dans son “Top 8”. Ce qui te gosse le plus dans l’histoire, à part de ne plus pouvoir enfouir ton visage dans son joli derrière, c’est que tu ne sauras jamais ce que t’as fait de pas correct si même t’as fait quelque chose de pas correct. C’est l’histoire typique d’une relation qui se termine dans le mystère, comme une game de Clue.

C’est l’histoire typique, tu sais… la typique histoire de merde.

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T Dot O Dizzot! (Ou de mon week-end à Toronto).

Toronto, ce qui, en ancien Huron, veut dire : « Vieille morue ». J’y suis allé le week-end dernier, un peu sur un coup de tête… Je n’avais pas vraiment d’attentes, on m’avait dit que c’était une ville transformée, qui s’était départie de sa réputation de ville plate. Je pensais donc passer du bon temps, en revenant tout de même convaincu de la supériorité de la vraie ville reine, Montréal! Je dois dire que j’en reviens moins convaincu que je ne pensais l’être. En effet, Toronto et ses habitants s’avèrent être pas mal sympas. On bouffe follement bien, les boutiques sont belles et offrent une sélection super intéressante, la bière est bonne et y’a des choses à voir. Je vous fais donc un petit compte-rendu de mon séjour, en espérant vous inspirer, si jamais vous aller dans la cité des Blokes sur le Lac.

Jour 1 : Vendredi 3 Août

Départ de Montréal, en voiture, vers midi. Pognés dans le traffic, dans le bout de Vaudreuil, pendant environ une heure, pour finalement passer à côté de trois-quatres gars qui gossaient avec une pelle… Nice! Après ça, voyage sans histoires jusqu’aux abords de T.O. Je dois mentionner que les haltes routières jalonnant la route, toutes exactement identiques, plaisaient beaucoup à ma nature obssessive, bravo les Squareheads! Les abords de la ville,  lorsqu’on y arrive, surprennent par leurs forêts touffues, on croirait voir une ville du futur, ayant intégrée urbanité et nature, d’une jolie façon. Ce feeling se dissipe lorsqu’on arrive plus près du centre-ville, le regard étant immédiatement happé par la tour du CN et sa masse imposante. J’ai accompli le tour de force de guider Marie (la conductrice) et de prendre 27 471 photos de la tour, sans même causer le moindre accident. Co-mother-fucking-pilote de luxe dans la place! Braaaaaap, braaaaaaap! Nous avons trouvé, sans problèmes, notre logis, situé dans Kensington Market, aux abords du Chinatown. J’ai déniché la chambre sur le site AirBNB, un site de couch surfing. Notre hôte s’appelait Jesse et était juste assez présent pour répondre à nos questions, sans être intrusif. Son appart n’était pas parfait, chambre un peu chaude et lit pas très confo, mais tout de même un très bon rapport qualité/prix. On drop donc nos valises pas mal vite, et on part se perdre dans la ville. On se retrouve bien vite sur Spadina ave., artère Nord/Sud qui, à cette hauteur, ressemble plus à Hong-Kong qu’à une ville occidentale. Des marchands chinois encombrent les trottoirs et vendent leurs babioles et de la bouffe plus ou moins ragoûtante. On descend vers le Harbour Front, pour se retrouver sur la rue Queen, qu’on décide d’emprunter, la connaissant de réputation. Après un peu de lèche-vitrine, on se retrouve sur la terrasse du Rivoli, établissement que je connaissais, encore une fois, de réputation. C’est un hybride bizarre constitué d’un resto-bar/pool hall/salle de spectacle. Petites pintes de Stella pour se rafraîchir, et après un coup d’oeil au menu, nous commandons : soupe froide au melon d’eau et salade de mate, pour elle, et soupe chaude au poulet et linguinis aux légumes, pour moi. Rien pour casser la baraque de ta bouche, mais, bonne ptite bouffe, pas cher et satisfaisante. On décide ensuite d’accomplir la formalité touristique torontoise, à savoir l’inévitable visite à la tour du CN. Le soleil étant couché, on se dit que la vue de la ville illuminée sera magnifique. C’était sans compter les grillages et éclairages, au sommet de la tour. En effet, ceux-ci obstruent beaucoup la vue, rendant l’expérience beaucoup moins agréable et impressionnante que prévue. Mais bon, ça vaut quand même le coup, ne serait-ce que pour dire qu’on l’a fait. Après cet étape, nous sommes partis en quête d’un endroit où boire un pot. Nous avons déniché ce bar, le Cameron House, où une jeune cow-girl « urbaine » (pouah, le vilain mot!) donnait une prestation hipster-country. Ma compagne de voyage, étant une country girl dans l’âme, était particulièrement enchantée de la chose. Après deux pintes de Steam Whistle (le fait que cette excellente bière du ROC ne se trouve pas à Montréal reste un mystère pour moi), nous sommes sagement rentrès à la maison, afin d’être en forme pour notre première journée complète, au royaume du tramway.

Jour 2 : Samedi 4 Août

Journée shopping. Ceux qui nous connaissent, Marie-Ève et moi, ne seront pas surpris de savoir que nous avons passé une journée complète à magasiner pour des shoes et des fringues. (Vous pouvez partir le clip de « Victime de la mode » d’MC Solaar, pour vous mettre dans la vibe). Je ne vous ferai pas une compte-rendu exhaustif des boutiques que nous avons visitées. Mais bon, Marie s’est trouvé un sac à main, dans une des nombreuses boutiques de trucs vintages qui bordent la rue Queen. Elle est aussi allée faire un tour chez Preloved, boutique ayant autrefois pignon sur rue à Montréal, rue St-Laurent. La boutique de Toronto est maintenant l’unique flagship store de cette griffe de vêtements confectionnés à partir d’étoffes recyclées. Nous sommes ensuites allés chez Canon Blanc, une boutique de vêtements parisiens hommes/femmes, tenue par un Français super sympa qui nous a recommandé quelques endroits, où aller manger et boire. On se dirige alors vers Nomad, une boutique de Menswear que je voulais absolument visiter. On y rencontre, encore une fois, un staff vraiment cool qui nous dit de laisser tomber le Drake Hotel en faveur du Grand Electric, un bar tellement branché qu’on finira par ne jamais y mettre les pieds, dégoûtés par le temps d’attente pour y entrer. Mais bon, si vous n’êtes pas pressés, les torontois « hip » ne jurent que par ce spot. Pause diner chez Nadège, une patisserie Frenchie, où j’ai gouté les meilleurs macarons de ma vie. Les sandwichs, sur croissants et baguettes, sont aussi délicieux. Merci à notre amie Haude (vive le Finistère!) qui nous avait fait jurer d’y aller. Petit repos dans le parc jouxtant la patisserie, puis shopping continuation, marathon style! On rentre à l’appart vers 18h, afin de prendre une douche et déposer les sacs. Nous quittons ensuite pour le Terroni de la rue Queen, un restaurant de bouffe traditionnelle italienne, lui aussi recomandé par le super staff du Nomad. Première expérience culinaire orgasmique du voyage. Nous débutons avec une entrée de Pane, Olive e Taralli, léger mais succulent. Pour le plat principal, Marie opte pour le thon, servi avec crevettes, calmars et salade. Pour ma part, je commande le Ravioli di Zio Paperone, un plat de raviolis au canard confit, je vous met la constitution exacte du plat en anglais, trop la flemme de traduire! (homemade ravioli stuffed with duck confit, fig, roasted butternut squash, sauteed with oyster, button mushrooms and parmigiano). Comme je le mentionne plus haut, ce resto offre une expérience culinaire exceptionnelle. La carte des vins est excellente, tout comme le service. Je vous le recommande fortement. Il est aussi possible de s’asseoir au bar du resto, pour ceux qui veulent seulement boire une bière. Nous nous dirigeons ensuite vers le Grand Electric, pour une couple de verres, mais le temps d’attente d’une heure nous décourage et nous pousse à nous rabattre sur un petit bar de la rue Queen, dont j’ai oublié le nom. À la sortie du bar, notre état d’ébriété semi-avancé nous pousse à aller essayer la poutine torontoise. Arrêt chez Smoke’s Poutinerie, pour une poutine-bacon beaucoup trop bonne à mon goût, étant donné qu’elle fût confectionnée par des blokes. (Une visite sur leur site web m’apprend qu’ils ont une succursale à Montréal, et une à Mont-Tremblant, oups!) Dodo, le bedon plein de rêves bruns. (Scusez)

Jour 3 : Dimanche 5 Août

Début de journée pluvieux, Marie-Ève prend une excellente décision exécutive en nous guidant vers le Art Gallery of Ontario. Le musée présente, jusqu’au 26 août, une magnifique exposition de 147 oeuvres de Picasso. Ces oeuvres sont tirées de la collection personnelle du peintre, elles sont gracieusement prêtées par le Musée National Picasso, de Paris. On y retrouve des pièces de toutes ses périodes, à la fois des peintures et des sculptures. C’est une exposition unique, qui m’a laissé abasourdi. Si vous allez à Toronto, avant le 26 Août, vous devez absolument la voir! Après notre visite, la pluie persistante nous pousse à traverser la rue pour un lunch au Village Idiot Pub. Mon « Grilled Salmon sandwich » s’avérant être un genre de burger McPoisson pané, je vous recommande la prudence dans votre choix de plats, si vous y allez. Nous nous dirigeons ensuite au Eaton Center, par automatisme touristique. Oui, bon, ok… c’est un crisse de gros centre d’achat. Passons. Nous émergeons sur Yonge Street, au milieu de l’équivalent torontois de Time Square, c’est ce type de place, que nous n’avons pas à Montréal, qui permet de classer Toronto dans les villes de catégorie « poids lourds ». Sympa, mais beaucoup trop touristique à mon goût. Petit détour par l’Hotel de Ville, meh (Fuck Rob Ford)… Puis, bière terrasse, prise 2, au Rivoli. La faune hyper-diversifiée du lieu : thugs à poupounes et dames biens mises, en passant par d’horribles touristes du New Jersey, nous offre une heure de « people watching » fascinante. Nous nous dirigeons ensuite vers le Grand Electric, pour la deuxième fois, en espérant pouvoir y entrer immédiatement, sans attente. Peine perdue, on nous indique un délai de vingt minutes avant d’avoir une table. Cet échec s’avère être une fabuleuse réussite. En effet, quelques mètres avant, nous avions remarqué un petit resto, qui semblait très bien, le Chantecler. Finalement, le « très bien » se transforme vite en : « Christ, c’est beaucoup trop bon ce putain de resto! » Le nom du resto, typiquement français, induit d’abord en erreur. En effet, lorsque je demande au serveur de me décrire leur cuisine, celui-ci se lance dans un exposé complexe, pour terminer en m’offrant un « contemporary canadian cuisine » truffé d’influences des plus diverses. Je ne tenterai pas d’expliquer le menu, je vous conseille de le consulter sur le site web. Sachez seulement que j’y ai mangé la meilleure viande de ma « plus-si-courte » vie! Le staff est courtois et semble véritablement passionné par la bouffe. La cuisine ouverte permet d’assister, en direct, à la préparation de la magie. À 115$, pour deux, vin inclus, ce resto constitue l’aubaine du siècle. Allez-y, ou je vous regarderai, pour l’éternité, avec mes doigts en forme de « L », appuyés sur mon front. Pour clore la soirée, après un troisième et dernier essai infructueux au Grand Electric, nous allons découvrir Ossington Street et ses bars, sur recommandation du mec de la boutique Canon Blanc. Premier arrêt dans une micro-brasserie qui, et ça semble un peu trop répandue à Toronto, nous demande d’attendre une vingtaine de minutes pour une table. Non. Nous aboutissons finalement au Reposado, un bar tequila semi-hipster bien satisfaisant. On y trouve des bûcherons urbains, au grand plaisir de Marie. Terrasse dans la cour, ambiance relax en dedans, le bar vaut le détour. Troisième et dernier dodo.

Jour 4 : Lundi 6 Août

Départ. Notre hôte, Jesse, probablement trop triste, n’est pas présent pour les adieux… Bah! Nous décidons, pour conclure en beauté, de faire un détour par la plage de Sandbanks. Cette plage de sable blanc, digne de Miami, se trouve à environ deux heures de route de Toronto. Il en coûte 16$, pour la voiture, afin de faire un arrêt dans ce paradis, situé sur les rives du Lac Ontario. Sable blanc, vagues, on a vraiment l’impression, en regardant l’horizon, d’être au bord de la mer. Après ce moment détente, retour à la voiture… et à la réalité.

En conclusion, j’ai adoré Toronto. Elle se compare avantageusement à New York pour sa bouffe, ses boutiques et la gentillesse de ses habitants. Si vous êtes un habitué de la Grosse Pomme, et vous voulez faire changement, la Ville-Reine a le règne bien doux et ne fait pas trop dans la lutte des classes. (Cette dernière phrase est une présentation de l’Amicale de la Métaphore Pourrie de Baluchon-Les-Glands.)

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