Pipi girl

Comme tout mâle moderne qui se respecte, je me dirige, lorsque contrarié, vers le débit de boisson du coin. J’y ingère une quantité appréciable de houblon, ce qui me permet de devenir, les heures filant, toujours plus intelligent. Mon cerveau se fait le dépôt d’un intellect supérieur; machine dont la capacité d’analyse n’a d’égale que la subtile finesse des observations qui en émanent.

C’est au cours d’une soirée du genre — où j’étions occupé à briller en société — que mes sens affutés comme une lame émoussée finissent par remarquer une jeune épicurienne qui s’époumonait les yeux à me crier du regard. N’étant pas un habitué de la chose, j’ai fait quelques tours sur moi-même, comme un cabot préparant sa couche, pour avoir la certitude d’être bien le récipient des oeillades lancées par la créature. Me tenant seul dans un rayon d’environ deux mètres carrés, j’utilisai les capacités de calculs fulgurantes qui m’habitaient pour déduire que j’étais bien le destinataire de ce flirt oculaire sauvage. Après la terreur initiale ressentie, je m’approchai de la bête, m’étant au préalable muni d’un tabouret, tel un dompteur de formation.

C’est ici que je m’enveloppe de ma prérogative de personne qui est full en train d’écrire cette historiette pour faire un Tarantino de moi-même et revenir en arrière. (Bruits de science-fiction). Étant possesseur d’une bizounette, je mentirais en disant que je n’avais pas déjà enregistré la présence de ma chèvre amie. Cette présence était des plus remarquable de par la position dans laquelle se tenait la courtisane, une façon d’être communément appelée “slutty”, dans la lingua franca de l’époque. En effet, perchée sur une table de pool, la dame aux yeux hurleurs ne se gênait point pour ouvrir sporadiquement les jambes, me laissant entrevoir sa culotte petite, et m’offrant le passage de ses Dardanelles comme l’Empire ottoman n’avait jamais osé l’offrir à la flotte de guerre russe. Fin de la tarantinhèse.

M’avançant comme un chat en mode attaque, corp sur le côté tout en effectuant de ptits bonds, je me dirige vers ma proie. Remarquant mon approche, celle-ci contre-attaque! Ouvrant encore une fois ses longues guibolles, elle décide de provoquer mon Hiroshima personnel en mouillant de la façon la plus “casual” qui soit sa culotte. Ou, si vous préférez les trucs claires : LA FILLE À PISSE DANS SES ESTIS DE CULOTTES EN ME REGARDANT DROIT DANS LES YEUX!

Je ne sais plus très bien comment continuer cette histoire, tout comme, à l’époque, je ne sus point, pendant de longs instants, comment réagir à cette douche froide… ou tiède, en fait, probablement une douche à 37°C.

M’efforçant de recueillir les morceaux épars de mon cerveau post-hiroshimique, j’arrivai à distance de parole d’Urinette :

– Ça t’excite, hein, mon cochon?
– Euh, ben, si par « excite » tu veux dire que j’espère en crisse que tu vas prendre une douche si tu me ramènes chez toi, ben, oui, ça m’excite en crisse…

– T’as pas envie d’y goûter?
– Non merci, sans façon. Mais je te paie volontiers une poutine à la Belle Province si tu veux qu’on mange ensemble.

– Ouin… j’suis pas sûr que t’es assez wild pour moi.
– Ben, j’aime bien la toune « Chat sauvage » de Marjo, ça comptes-tu?  »

T’as peut-être déjà vu quelqu’un réfléchir très fort, mais je ne pense pas que quiconque ait déjà vu une entité se débattre comme le faisait ma cervelle face à l’intensité de Pipi Girl. Le problème étant, d’abord, mon manque total d’expérience face à une situation du genre. L’autre étant le silence disgracieux qui s’était maintenant installé entre nous, un silence probablement aussi désagréable que la moiteur de son « swimsuit area ».

Personne n’a jamais dit que « l’avenir appartient à celui qui embrasse Urinette » — parce que ce n’est pas un super proverbe. C’est toutefois ce que je me résolus d’entreprendre, seul façon, selon moi, d’endiguer le flot du silence qui nous submergeait. (Métaphore liquide, wink, wink).

Lorsque ma bouche rencontrut la sienne, ce fussions bien pendant quelques instants, jusqu’à ce qu’elle agrippe ma main d’une poigne de fer, digne de celle de Stalinours, et qu’elle se l’applique fermement sur le péril jaune. Je capotusse en sacrament. Genre :

 » – Neunon, Fille! C’était cute sul’coup, in an it’s fucking pas cute sul’coup kind of way mais bon… Mais je ne niaisais vraiment pas quand j’ai formulé le souhait de te voir prendre une douche avant que nous entreprissent quoi que ce fut de plus en avant, you know?
– Es-tu vraiment en train de me dire que ça ne t’excite pas!?!

– Euh, oui. Je peux te le faxer aussi, ou demander à un scribe romain de te le graver sur une tablette de marbre, en double, si t’as besoin d’une copie pour tes archives.
– Bon, ben je m’excuse Marjo Lover mais j’ai pas vraiment de temps à perdre avec des stuckups comme toi. Je vais me trouver un dude qui fait du wakeboard, ou un lifeguard, un dude qui aime ça en crisse aller aux glissades d’eau! »

La morale de l’histoire : va lire les Fables de Lafontaine si tu es à la recherche d’un récit édifiant. (Ou, cette belle maxime : Le pipi en amour, c’est caca).

Fin

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Quelques réflexions sur la culture

Ce matin, je me suis installé à mon laptop avec le but avoué de trouer le cul de la culture. Il était temps, selon le Moi d’il y a quinze minutes, de déplorer haut et fort l’absence de diversité dans le pesant monolithe de la culture actuelle. Mais comment critiquer la culture sans en absorber au préalable une forte dose, d’où procrastination et remise à plus tard de l’écriture du texte en faveur de l’activité beaucoup moins exigeante consistant à faire le tour de mon blogroll. Lors de cette palpitante aventure internetofantasmagoriquoludique — je semble apprécier les néologismes en ce jour d’hui — je suis tombé sur un essai de Buzz Bissinger pour le magazine GQ. Dans son texte, l’auteur de “ Friday Night Lights ” confesse sa dépendance au shopping, et plus particulièrement son penchant compulsif pour l’achat de vêtements griffés. Le dude ne niaise pas, ayant flobbé plus de 500 000 bâtonnets en trois ans sur des jackets Gucci et des jeans 7 For All Mankind. Après avoir décrit en détail ses achats, il élabore une belle construction mentale décrivant comment son amour du cuir d’autruche et des vêtements moulants est lié à ses appétits sexuels déviants, combinaison qui génère les pulsions le transformant en frétillant toxico quand vient le temps d’acheter des fringues. Je sais.

Après ma jalousie initiale envers la relation big bank/little bank qu’entretient le portefeuille de Bissinger avec le mien, je me suis mis à réfléchir à l’angle “ junkie ” du texte et à ma propre relation tordue avec la culture. (Par culture, j’entends principalement la musique, la mode et les livres, avec un petit détour par les arts visuels; soit les domaines de la culture qui m’intéresse principalement). Comme je le mentionne en début de texte, mon beef principal avec les artistes contemporains se trouve dans ma perception d’un manque total d’innovations, dans cette impression d’être soumis à un perpétuel recyclage d’images anciennes. Prenons par exemple l’omniprésence du néo gothisme à travers tous les genres musicaux. Des rappeurs de Raider Klan, en passant par la mouvance électro witch house, et en incluant bien sûr presque tous les groupes de métal/goth/industriel on constate la même fascination pour le noir, les croix, les squelettes et les pentagrammes : mêmes vêtements, mêmes concepts de clips, même esthétique visuelle. Un c’est bien, deux c’est mieux… mais 654 ça gosse! Le baroque aussi c’était cool.
Même chose en ce qui à trait au recyclage culturel; quand j’ai vu les premiers Seapunk attifé en ravers des années 90 ça m’a rappelé mon adolescence, mais, une fois l’amusement initial passé, je me suis rapidement dit qu’ils pourraient chercher à innover un peu, plutôt que d’imiter bêtement.
J’en suis au point où une extrême lassitude m’enveloppe quand vient le temps d’appuyer sur le bouton play d’un clip YouTube ou d’un player SoundCloud. Je sais que ce que je verrai et entendrai, même si c’est excellent, ne me procurera que très rarement cet effet de surprise qui constitue la plus-value de toute oeuvre réellement transcendante. Comme le junkie, je recherche toujours la sensation de premières fois : l’émotion ressentie lors de la première écoute de “ Ice Cream ” de Raekwon, la façon dont la première lecture d’Hypérion de Dan Simmons a irrévocablement modifié la plastique de mon réseau neuronal, et, plus récemment (genre 2007-2008 #EarlyAdopterBrag), l’impression de renaissance offerte par le Dubstep, que je considère être le dernier courant vraiment novateur des années récentes (tout en étant conscient qu’il est le fruit d’un long processus évolutif débuté par le jungle). Malheureusement, ce filon digne du Klondike a été exploité tout aussi rapidement que les autres; on en a constaté l’épuisement avec la sortie du single “ Hold it Against Me ” de Britney Spears et le rayonnement planétaire de Skrillex.

Ce constat s’applique aussi au monde littéraire. Pour chaque “ Brief and Wondrous Life of Oscar Wao ” on a trois “ Cloud Atlas ” ou “ The Surrendered ”, des bouquins qui utilisent le procédé des destins croisés pour faire avancer leur trame narrative. Loin de moi l’idée de critiquer “ Cloud Atlas ” ou “ The Surrendered ” en terme qualitatif, ce sont de grands livres, dignes de l’intérêt marqué qu’ils suscitent. Toutefois, je n’ai pu m’empêcher de ressentir un sentiment de déjà-vu (déjà lu) lorsque j’en eu terminé la lecture. Et je tiens à réitérer que j’en ai moins contre la qualité de la production culturelle actuelle qu’après son homogénéité. Internet n’était-il pas supposé constituer la terre promise de l’hyper diversification culturelle? Il s’avère plutôt que, dès qu’une idée moindrement novatrice fait surface sur la Toile, une meute de charognards affamés se jette dessus et s’empresse d’en tirer la moindre goutte de jus (voir : Dubstep). N’étant pas cinéphile, je m’abstiendrai d’une critique in extenso du 7e art, à part pour écrire : “ Un reboot de Spider-Man dix ans après la sortie du premier film, vraiment?!? ” La charogne n’attend même plus que la victime soit bien morte avant de l’entamer…

Voilà donc une brève explication — non exhaustive — de mes griefs envers les créateurs d’aujourd’hui. Ce que le texte de Bissinger m’a fait réalisé, de manière indirecte, c’est que ces griefs — bien que réels et démontrables — sont peut-être, chez moi, exacerbés par le fait que je consomme la culture de manière compulsive… un peu comme un junkie! Je télécharge de la nouvelle musique tous les jours, je lis plusieurs bouquins par mois, je scrute à la loupe les blogues de mode et les sites de streetstyle, j’écoute de nombreux podcasts, j’écouterais même des films si je ne souffrais pas d’un déficit d’attention causé par l’ingestion boulimique de culture! Je suis donc conscient que l’hyper consommation mène — presque par défaut — à l’acquisition d’une mentalité blasée par rapport à l’objet de la compulsion (Blahzay Blah! Insertion réussie de l’obscure référence hip-hop des années 90 visant à établir ma street crédibilité).

Et puis, coup de tonnerre! Cette citation vient tout changer : «  Everyone else is locked in; studies show mass users locked in reverse and concentric learning patterns, seeking only the familiar — even (perhaps especially) if novelty is their version of the same old thing « . (L’hyperlien amène à la page d’Edge.org, le texte cité est celui de Matthew Ritchie, c’est le dernier texte au bas de la page).

Ce passage décrit les habitudes de navigation de la majorité des utilisateurs d’Internet, et il décrit surtout très bien les miennes. J’ai écrit un peu plus haut qu’  » Internet n’[est]-il pas supposé constituer la terre promise de l’hyper diversification culturelle?  » À la lecture de la citation de Matthew Ritchie je découvre, qu’en plus des mes penchants boulimiques, la façon dont j’utilise la Toile est peut être aussi à blâmer. En effet, je fréquente les mêmes sites et blogues tous les jours, modifiant peu (ou proutte! quelle succulente boutade) mes habitudes de consommation culturelles. 90% de ce que j’écoute provient d’environ trois ou quatre blogues, qui, de plus, se cannibalisent entre eux. Force est donc d’admettre que je porte ma part de responsabilité dans la situation que je déplore. Le problème ne provient pas du fait que je consomme trop, il émane du fait que je consomme mal, comme un crackhead qui s’approvisionne à un dealer de merde. La Toile, lorsqu’on l’utilise à son plein potentiel offre réellement l’hyper diversification, il me suffit d’y être plus aventureux.

J’en tire donc trois conclusions distinctes, une qui s’applique aux acteurs de la culture d’aujourd’hui et deux qui me concernent plus spécifiquement.

Premièrement, je me demande si l’accessibilité à l’information dont jouit la jeune génération n’engendre pas une certaine perversion de leur devoir de mémoire, si elle ne déresponsabilise pas de manière insidieuse les créateurs d’aujourd’hui, qui se reconnaissent le droit de piller de manière éhontée l’immense banque d’archives que constitue la Toile. Ce faisant, ils produisent quelque chose qui ressemble à s’y méprendre au matériel source, tout en étant dénué de ce je-ne-sais-quoi qui en constitue l’âme. Je vous renvoie encore une fois aux Seapunks, qui glorifient le mouvement rave des années 90 sans pouvoir comprendre le sentiment de totale liberté qui nous habitait, nous les participants actifs de ce mouvement, pendant que nous nous déhanchions dans les entrepôts de Ville Saint-Laurent. Je sais que je sonne comme un vieux grognon en disant cela, mais je trouve surtout cela triste pour eux : ils laissent passer la chance de bâtir leur propre univers ludique, d’établir leurs propres codes culturels.

Deuxième conclusion, qui concerne cette fois ma dépendance à la culture. J’ai décidé qu’à défaut de me défaire de ma dépendance, je vais la maximiser. Je consommerai toujours autant, tout en m’obligeant à utiliser l’Internet à son plein potentiel, à visiter un nouveau site/blog/whatever par jour, à écouter des styles musicaux que j’ai l’habitude de négliger, à lire un peu moins de littérature américaine et un peu plus de littérature mongole. Il n’y a aucun mal à être junkie de la culture, et ce qui constituait surtout un angle intéressant pour mon texte — oh, le pauvre junkie culturel! — s’avère être un postulat de base erroné.

D’où découle le troisième et ultime constat, qui se trouve dans le fait qu’une réalité perçue — lorsque l’on prend le temps de la décortiquer, et je dirais même de la déconstruire — s’avère souvent totalement différente du paradigme dont elle émane. Je trouvais très jolie la métaphore de la dépendance, mais après mûre réflexion elle ne tient pas la route. Le problème n’est pas la quantité de culture que je consomme, mais plutôt la façon dont je la consomme. Je suis donc bien content de m’être assis devant mon laptop avec le but avoué de trouer le cul de la culture. Ça m’a permis de me connaître un peu mieux, et d’optimiser mes habitudes. En d’autres mots, il ne suffisait que d’y réfléchir un peu… Dumb Dumb!

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Le matin (Extended mix)

Je me lève et me rends aux toilettes, pour faire ma besogne. Personne ne me regarde, car je ne suis pas roi, sauf du côté de ma mère où je suis Roy. Je tourne les robinets de la douche qui, comme toujours lorsque j’y entre, est trop chaude. Je peste. Je peste beaucoup, souvent, je suis de type « frufru » pour rien. Je sors de la douche, me cure les oreilles et applique une généreuse couche de déodorant. Je suis propre. Les gens l’apprécient et m’en sont reconnaissants. Le sentiment est réciproque, j’aime quand vous ne puez pas. Harmonie.

Je m’habille, négligemment si je travaille, obsessivement si je ne travaille pas. Aujourd’hui, je ne travaille pas. Hosanna! Si c’était un “Roman dont vous êtes le héros”, vous auriez le choix, peut-être préfériez-vous que je travaille. Mais, je ne suis pas un héros, loin de là, donc je ne travaille pas.
J’ouvre la télé. J’ai besoin d’un fond sonore, d’un apport média. Je suis, produit de l’époque, esclave de l’Information. Je supporte très mal le silence, l’absence de stimulus sensoriels. Ce constat me déprime un peu. J’aimerais être maître de mon esprit, le forcer à se soumettre à ma volonté, mais livré à lui-même il m’amène trop facilement en territoire hostile. Je m’allie donc à l’Information, elle est ma diversion : la troisième force chaotique qui s’ingère dans l’incessante lutte qui oppose mon “Ça” à mon “Surmoi”.

Je prépare mon petit déjeuner tout en écoutant d’une oreille distraite le présentateur télé qui récapitule les matchs de hockey de la veille. Je mange des toasts au beurre d’arachide avec un bol de raisins. C’est ce que je mange tous les matins. J’aurais fait un excellent citoyen spartiate. J’ai besoin d’une discipline rigide, d’une poigne de fer. Une trentaine d’années se sont écoulées avant que cette constatation toute simple ne s’impose; jusqu’à l’âge de trente ans, j’ai vécu comme un barbare, sans structure, me laissant guider par mes impulsions. Ce n’aurait pas été grave si ces impulsions n’étaient pas, pour la plupart, auto-destructrices. Mes instincts m’ont gonflé, littéralement, je suis devenu un gros “patapouf” gavé de nourriture, d’alcool et de drogues. Fun times…

Parlant de Sparte et de discipline de fer, j’ai lu (extraction petite-bourgeoise oblige) le Manifeste du Parti communiste. Donc, lorsqu’on me demande ce que je fais dans la vie, j’aime bien dire que je suis prolétaire; moyen facile de me donner l’illusion de participer à l’Histoire, n’en déplaise à Francis Fukuyama. J’ai aussi lu Bukowski, mais, contrairement à lui, j’aurais beaucoup de difficulté à dépeindre mon minable boulot comme un enfer miniature juste bon à broyer le coeur d’un homme pour ensuite le recracher sur l’autel sanglant du capitalisme. Mon travail n’est qu’une forme d’état d’animation suspendue : je pénètre, cinq fois par semaine, une bulle anentropique où le temps ne s’écoule pas réellement. Un écouteur dans l’oreille, je vaque à mes tâches tout en me laissant bercer par le doux babil des commentateurs sportifs déclamant leurs pronunciamientos débiles sur les podcasts que je consomme de manière boulimique. Rien de plus agréable que de ne pas avoir à penser.

“Elle existe encore Laure Waridel ou elle est retournée à sa vie d’antan au Royaume des Dryades Elfiques, en la forêt de Beleriand?” C’est le genre de réflexion que j’aime me faire lorsque j’accepte de me prêter au jeu de ma cervelle et de l’utiliser. Le constat est horrible, mais je pense, je dirais le tiers du temps, sous forme de tweet. Le bidule du birdy a reconfiguré mes connexions synaptiques afin qu’elles produisent un statement efficace en moins de 140 caractères, format oblige! Je vérifie l’efficacité de mes énoncés au nombre de retweets et d’étoiles qu’ils obtiennent. J’ai ceci en commun avec l’écolier que j’étais de collectionner les étoiles. La maîtresse est ici remplacée par mes précieux “followers” : fidèle armée de juges sur qui repose une part trop grande de la construction de mon estime personnelle. Folle farandole sociale.

Je constate que nous sommes maintenant tous notre propre brand : conséquence pernicieuse de l’omniprésence des réseaux sociaux, où l’individu est amené à projeter sa personnalité de la façon la plus attrayante qui soit. Certains ne se soucient pas du tout de l’image de leur marque, d’autres (‘sup!) s’en soucient un peu trop. Cette façon de voir la vie démontre à quel point nous avons intégré les diktats du monde capitaliste. Ma personnalité est un produit que j’offre aux gens; répondant ainsi à une demande qu’ils n’ont pas nécessairement formulé de manière consciente, mais qui existe tout de même.

Pour certains, ce constat est l’aboutissement de l’horreur humaine. Ma réaction est plus ambigüe, probablement parce que je participe de manière active et consentante à l’état actuel des choses. Dans la recherche d’un grand destin, l’Eldorado illusoire des médias sociaux est foutrement efficace. Il offre un auditoire captif et transforme la banalité de la vie quotidienne en saga relatée tous les jours sur la Toile. La classe moyenne met en scène son histoire : un immense scrapbook de vies, qui luttent contre la banalité du quotidien en en partageant les plus futiles détails. Historien de formation, je n’envie point ceux qui auront à tirer un sens de ce gigantesque matériau brut. (Et j’espère qu’ils aiment les photos de chats. Lol.)

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L’histoire typique

C’est l’histoire typique, tu sais le genre d’histoire typique qui commence par: “C’est l’histoire typique…”

L’histoire typique d’un gars et d’une femme. Le gars vient de se prendre en main; il a perdu du poids, il ne met plus de GHB dans sa cocaïne, il mange même des légumes. La fille on ne le sait pas trop, parce que t’sais c’est pas elle qui écrit l’histoire.

Ils ne se rencontrent pas vraiment, ils se connaissent déjà via des amis communs. Un jour, la fille écrit au gars sur Facebook pour lui demander s’il veut aller voir un show avec elle. Le gars est con, mais pas trop, donc il dit oui. Pendant le show ça ne clique pas du tout, peut-être à cause de la musique trop forte, peut-être parce que l’ex de la fille s’adonne à être là, qui sait. (Moi je le sais, mais je vous laisse deviner).

Le temps passe, ils s’écrivent sporadiquement sur Facecroûte, mais le gars a pas mal fait une croix là-dessus. Ça l’air que pas elle. Un autre message : “Veux-tu venir voir X avec moi, à La Tulipe?” Et lui de répondre : “Why not Peanut?” Je vous l’ai déjà dit y’est un peu con.

C’est l’histoire typique, celle où la deuxième date va un peu mieux que la première. Rien de fou, pas de french en se quittant, mais le dude se dit qu’il va poursuivre le filon comme un bon chercheur d’or.

La fille c’est le genre de fille cool : celle qui écoute de la bonne musique, celle que ses nombreux tatoos tes trouve pas quétaines, celle qu’il faut que t’impressionnes. Tu ne peux pas vraiment l’emmener chez Score’s et lui payer une bière à la Boîte à Marius. (Vomi). Tu décides de l’inviter boire un verre dans un nouveau bar qui vient d’ouvrir, sur Rachel. Une soirée organisée par une boutique de vêtements “In”. Swague. Elle trouve ça bien, au début, mais elle se lasse vite. Qu’est-ce tu veux? Elle est cool! Vous commencez donc une intense session de “bar hopping”, virevoltant de spot en spot. Tu remercies au passage ta bonne étoile qui fait que tu rencontres des gens que tu connais, et que tu rentres gratuit dans un des bars parce que tu connais le doorman. Double swague. En fin de soirée, dans le bus de nuit, t’essaies maladroitement de poser tes lèvres sur les siennes. Échec. Trou noir.

C’est l’histoire typique où cinq minutes plus tard, dans un brouillard dépressif, tu reçois le texto suivant : “T’sais dans la vie j’aime ça prendre mon temps. ;-)” Rave dans ta tête. Tu trippes des esti d’bananes. Tu t’empresses de lui répondre que… non, t’attends un peu pour lui montrer que ça ne t’énerve pas trop. Donc dix minutes passent, et tu lui réponds un truc du genre : “Je comprends, j’ai vraiment passé une belle soirée avec toi. J’ai hâte de te revoir.” Elle acquiesce et te souhaite de beaux rêves. Branlette.

Pour votre prochain rencard, tu sais qu’il faut que t’assures un max. Tu l’invites à souper dans un resto végétalien. (Qu’elle connaît déjà, elle habitait à côté. Fuck.) Puis, vous allez en vélo dans un obscur festival de films… sur le vélo. Ça, c’est pas mal, t’as l’air d’un gars qui “fait” des choses, qui “va” à des places ; même si dans le fond t’aimes ça en christ regarder le football en mangeant des chips. T’es pas mal stressé parce que tu sais qu’il va falloir que tu fasses un move à la fin de la soirée. Puis, faire des moves, t’es pas bon là-dedans. Le festival se termine, vous remontez sur vos bécanes : un Bixi pour madame et pour toi ton dix-vitesses japonais vintage, ‘stiktescool! Vous vous rendez jusqu’à Rosemont/St-Hubert, le nexus, l’endroit où faut que tu fasses ton move. Mais t’es con donc tu lui donnes un bec sur la joue. Vu qu’elle est moins conne que toi, elle te dit : “Vous êtes vraiment twits les hommes du pays, z’êtes pas foutus de saisir votre chance quand elle passe.” C’est pas la première, ni la dernière, qui te fait ce commentaire. Tu décides de lui montrer que t’es quand même capable de courir après la chance pour essayer de la ressaisir ; en état de profonde panique tu te garroches, bungee style, et tu lui plantes tes babines sur les siennes. Réponse positive. Échange de fluides salivaires debout sur vos vélos, au coin de la rue, comme dans un film. Galaxie d’étoiles dans ses yeux, supernovae dans les tiens. Elle aime prendre son temps donc elle rentre sagement chez elle. Par contre, une fois rendue, elle te texte pour te dire qu’elle fume un joint sur son balcon avec un gros smile étampé dans la face. Double branlette.

C’est l’histoire typique où vous entrez dans la période de grâce. Celle où vous ne faites que batifoler au lit, où vous rigolez sans arrêt. Le matin, elle se roule un joint dans ton lit juste en bobettes avec ton vieux t-shirt et tu trouves que c’est plus beau que la naissance d’un premier-né. Vous vous promenez main dans la main, super bien habillé, tu trouves tellement que vous êtes hot. Ça va bien dans ton coeur et ça semble bien aller dans le sien. Un soir, elle t’annonce d’un ptit ton désinvolte en te coulant un regard en coin : “J’ai parlé de toi à ma mère.” T’entends ça et y’a comme, un peu, une symphonie qui se met à enfler en toi. “Sonnez hautbois, résonnez musettes…” C’est le bout typique de l’histoire typique, t’sais, le bout plate où tout va bien.

Quelques semaines passent, vous vous voyez aux deux jours et ça semble bien aller. Pourtant, tout à coup, tu reçois l’esti de texto de marde : “Faut que je te parle”. T’es flabbergasté parce que vous ne vous êtes jamais même ostinés. Tout n’est que rire et rigolades, folles chatouilles et pénétrations. Tu lui dis que tu vas passer chez elle après la job. T’arrives en t’attendant au pire. Surprise! Elle est gelée comme une balle en train de rigoler avec sa coloc; c’est tellement LOL les clips de chats sur Youtube. Surtout quand t’as fumé un immense pétard! Toi tu te la joues détendu même si dans ta tête tu la traites de tous les noms : “C’est quoi son esti d’problème? Elle veut me parler puis…” Vous finissez par domper la coloc et vous vous retirez dans sa chambre. Si t’as déjà interagi avec quelqu’un qui vient de fumer un gros spliff tu te doutes que ce que la fille débite c’est pas très cohérent. Elle commence à te dire qu’elle à peur que tu sois en train de t’attacher, qu’elle ne veut rien de sérieux, qu’elle n’est pas en état de s’engager. Tu la regardes d’un drôle d’air parce que tu trouves qu’elle s’énerve un peu. Vous vous fréquentez depuis un mois et vous vous êtes dit, dès le début, que ce n’était rien de sérieux. Tu lui dis. Elle comprend tout croche parce qu’elle a trop fumé et est en mode parano. Super. Après une quinzaine de minutes d’échanges infructueux, vous arrivez à un compromis : celui de maintenir le statu quo. Tu trouves que c’était une belle tempête dans un verre d’eau, comme le titre d’un roman de la Courte Échelle. Annie Croche, yo!

C’est l’histoire typique, celle où le doute a été semé. Vous vous revoyez une couple de fois. Toi t’es pareil, mais t’as l’impression qu’elle ne l’est plus. Tu ne comprends pas du tout pourquoi elle complique la situation, pourquoi elle ne peut apprécier le moment présent. Carpe mother fucking Diem tabarnack! Tu blâmes son sexe au complet parce que c’est facile… sauf ta mère et ta soeur, elles sont chills.

C’est l’histoire typique où ce qui doit arriver arrive. Tu la textes en fin d’après-midi pour savoir si elle veut que tu viennes coucher ce soir-là. Pas de réponse. T’attends quelques heures et, sachant très bien que tu ne devrais pas, tu lui réécris : “As-tu reçu mon texto? Mon cell fuck des fois” (menteur). Toujours pas de réponse. T’attends encore puis tu décides que c’est sûrement la faute des cellulaires, donc tu lui écris sur Twitter. Elle finit par te répondre, via Twitter, à une heure du matin : “Désolé, je ne savais pas quoi te répondre, donc je ne t’ai pas répondu.” Raisonnement sans faille, mais t’sais, vas chier quand même. Tu décides d’attendre le matin pour lui répondre parce qu’un moron a dit que la nuit porte conseil. Elle porte aussi l’insomnie quand ta relation s’effondre sans que tu puisses comprendre pourquoi. Tu l’appelles en te levant et tu lui demandes si elle veut que tu passes chez elle pour en parler : “Non, c’est pas un bon moment pour moi”. “Bon, ok, tu me donneras des news quand tu seras prête”, frette de même et tu raccroches. Tu passes une journée de merde.

C’est l’histoire typique où tout le monde te dit qu’il faut que tu te la joues indépendant. “Laisse-la tranquille elle va revenir d’elle-même. Les femmes aiment les hommes qui les ignorent.” Ouin, elle a aimé ça en christ que tu l’ignores on dirait ; elle ne t’a jamais réécrit. T’as fait la même chose. Le bout un peu moins typique de l’histoire, le bout 2.0., c’est quand tu réalises, deux semaines plus tard, qu’elle t’a “unfriender” sur Facebook et “unfollower” sur Twitter. T’es pas allé voir sur Myspace, mais t’es pas mal sûr que t’es plus dans son “Top 8”. Ce qui te gosse le plus dans l’histoire, à part de ne plus pouvoir enfouir ton visage dans son joli derrière, c’est que tu ne sauras jamais ce que t’as fait de pas correct si même t’as fait quelque chose de pas correct. C’est l’histoire typique d’une relation qui se termine dans le mystère, comme une game de Clue.

C’est l’histoire typique, tu sais… la typique histoire de merde.

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Sauf une fois, au chalet…

J’aime pas trop les thèmes quand j’écris; ils me donnent l’impression d’être enfermé dans une petite prison conceptuelle. Je préfère écrire une première phrase, souvent l’idée qui me traverse l’esprit à l’instant où j’ouvre la page : je la laisse me guider, j’lui cours après un peu comme les lévriers au champ de courses qui tente d’attraper le lapin mécanique. Je ne sais pas si c’est une bonne chose, ça fait en sorte que j’écris beaucoup à la première personne, me conformant sans l’vouloir à l’air du temps. Le énième témoignage d’un esprit narcissique incapable de comprendre que ses tribulations ne soient pas universellement acclamées comme “fucking intéressantes, dude!”

Le pire dans tout ça c’est que je ne “tribule” plus fort, fort. Mes années de sorties constantes, de drogues, de soirées endiablées sont derrière moi. Encore une fois rien de bien original, un trentenaire qui s’assagit : raconte-nous, tonton Pilon! Raconte-nous comment t’aimes mieux aller dans des soupers entre amis avec une bonne bouteille de vin et un cheddar à la Guiness. (Putain, tu vises le bourgeois!) Raconte-nous comment t’as commencé le jogging, comment t’essaies de mieux manger, comment tu cotises à tes REER en espérant, un jour, te permettre un condo hors de prix aux abords du parc Laurier. Raconte-nous!

Heureusement, y’a l’autodérision, efficace petit mécanisme d’autodéfense qui me permet d’utiliser l’humour pour camoufler les failles ou plutôt les similitudes qui nous affligent tous. J’ai beaucoup de misère à appartenir à l’ensemble. Encore la faute de Narcisse, ce couillon! J’aimerais évoluer dans la marge… j’y parviens un peu, je crois. Je ne veux pas d’enfant et, même en 2012, cette affirmation est souvent accueillie par une expression d’incrédulité. Comment puis-je ne pas vouloir un ces magnifiques chérubins gazouillants?!? Euh bien, primo, ils coûtent cher les bambins et mes New Balance 574, même s’ils ne parlent pas provoquent chez moi, quand je les caresse, un fort sentiment paternel. À environ 120$ la paire par contre ils ne me laissent pas beaucoup de blé pour un ti-gars ou une tite-fille. Dégoûtant matérialisme? Oui! Tu veux que je te dise quoi? Que je mente, que je nie ce que je suis foncièrement? Non merci. C’est un moyen d’évoluer dans la marge… un peu, je crois, que d’êtres totalement honnêtes envers soi-même! Que d’accepter ses défauts, les “laideurs” qui, qu’on le veuille ou non, nous habitent tous. Je préfère être laid qu’être menteur : choix de vie.

Connais-toi toi-même : paroles d’un homme beaucoup plus sage que moi. (Google m’apprend que c’est de Socrate. Grèce antique stand up, yo!) Mes maigres aptitudes intellectuelles me permettent par contre de comprendre le sens de la maxime et de l’appliquer. Ça m’amène parfois dans des cavernes intérieures pas très jolies, des cavernes où grouillent des ptites bébittes gluantes. J’peux pas dire que j’aime les regarder, mais bon, je sais qu’elles y sont et je sais ce qu’elles sont. De savoir qu’elles sont là me rassure, j’y vais quand je veux; elles ne me surprennent pas au moment inopportun, ne s’expriment pas d’elles-mêmes… sauf une fois au chalet. (LOL)

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Ma grosse jaunâtre

Ma télé est morte, longue vie à ma télé.

Je ne sais pas trop quoi faire, est-ce que je me garroche chez Futur Shop pour en racheter une ou je profite, pendant quelques mois, de ce moment de quiétude qui m’est octroyé?

Je l’aimais bien ma grosse jaunâtre (si le brun est la couleur de l’amour, chez moi, jaune c’est la couleur de l’écran). Je me rappellerai toujours de la finale du March Madness 2010, Butler, l’équipe cendrillon, face à Duke, le powerhouse. J’écoutais en différé, après une soirée à la job. Ma coloc a failli, ce soir-là, se faire réveiller par un hurlement démentiel : suffisait seulement qu’Hayward réussisse cette shot! Je me demanderai toujours le niveau de colère que la coloc aurait atteint, sur l’échelle de Richter, si j’avais émis le hurlement susmentionné.

C’est aussi grâce à elle, la télé pas la coloc, que j’ai découvert Lionel Messi. Le joueur qui, tous sports confondus, m’a fait le plus souvent bondir du divan. (Boing!) J’aimais bien lui crier après, la grosse jaunâtre, quand la puck roulait pas pour mon team, mais elle le prenait bien, sachant que je l’aimerai toujours, malgré tout.

J’ai versé une larme, grâce à elle, quand Marion Cotillard à gagné l’oscar de la meilleure actrice. Mon père m’avait appelé, lui-même ému, pour me dire d’écouter. Je ne sais pas trop pourquoi ce moment m’a marqué à ce point, je ne suis pas un grand cinéphile et, la Marion, je la trouve bien jolie, mais je ne lui porte pas d’affection particulière. Je pense que c’est peut-être notre francophonie partagée qui m’a fait vibrer pour sa victoire. (Aparté : C’était plate en croustille les Oscars, dimanche dernier. C’était pas un gros aparté! Dans le sens de party, t’sais. #EstEffrayante)

C’est avec elle que j’ai célébré la victoire du Parti Québécois, lors de dernières élections. Tellement heureux pour Pauline!!! Ben non, niaiseux, j’ai même pas voté. Elle n’était pas très portée sur la politique, ma télé.

J’ai aussi beaucoup ri devant l’écran. Merci Tracy Morgan, je ne sais pas ce qui adviendra d’NBC maintenant que 30 Rock est terminé. Merci Seth McFarlane, pour Family Guy, pas pour les Oscars. Non. Merci Alexandre Astier pour Kaamelot, t’auras porté l’humour de beauf à son apex. Perceval pour toujours, yo!

Alors voilà, je suis le genre de mec qui panégyrise sa télé, éloge funèbre de la cache de Big Brother. Je pense qu’un petit break d’elle, question d’apprendre à vivre seul, ne me fera pas de tort. Je vais m’amuser un peu, fréquenter une couple de télés différentes, dans des endroits différents, avant de redevenir un homme respectable pratiquant la monogamie télévisuelle. Merci ma Jaunâtre pour les merveilleux moments, je te dédie cette chanson. À toi pour toujours, ton gros Loulou.

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Montréal Stands Toute Seule!

Montréal, je t’ai négligée ces dernier temps. Et pourtant, tu produis de la si bonne musique. Voici un petit aperçu des rookies et des étoiles en devenir!

Nora Zion est une jolie découverte que j’ai fait, hier, sur Twitter. DraWingz Vol.0, est un petit EP de 6 morceaux qui oscillent entre le neo-soul et le R&B nouvelle vague. J’ai googlé la jeune dame, mais l’internet n’a pas voulu collaborer, donc je ne sais rien d’elle, à part qu’elle écrit elle-même ses textes, comme une grande. Les morceaux sont produits par NBNBNB, Da-P, J.u.D, Da Pink Noise et Bollywood Bloodbath. Du lot, seul le nom de Da-P m’est familier, ce qui n’empêche pas la qualité des prods d’être excellente.

Le premier morceau, Shook, donne immédiatement le ton. Je ne sais pas si l’artiste apprécierait cette comparaison, mais ça me rappelle les artistes trip-hop de la fin des 90’s, genre Morcheeba ou Sneaker Pimps. Coincidence fortuite ou réelles influences, je ne saurais dire. C’est très rafraîchissant, par contre. Elle a aussi un peu de Ms Dynamite dans la voix et le « delivery. »
Les morceaux sont entrecoupés d’interludes, où l’on entend l’artiste, en sourdine, pendant les sessions d’enregistrement. C’est surtout agréable parce que ça laisse présager des choses intéressantes pour le futur. La deuxième piste, Dolla Dolla, est complètement Neo-soul, c’est un cover langoureux du classique « I Need a Dollar » d’Aloe Blacc. Elle enchaîne ensuite avec Overnight, qui est, selon moi, le plus « contemporain » des morceaux. Gros beat de trap à la The Weeknd, avec un dude qui rap vers la fin. La bass est plus lourde que la secrétaire gossante, à ta job, qui met des photos de chats partout! Bounce est probablement mon morceau préféré, le beat est hyper-intéressant, un peu trip-hop, un peu indie/pop, avec un ptit sample de calypso steel pan, un son que j’adore! Un autre interlude suit et l’album se termine avec un mix alternatif de la première track, Shook. C’est une version slow-jam, assez sirupeuse, avec un crescendo pop vers la fin de la toune. Overall, c’est un excellent début, qui laisse voir de grandes choses pour l’avenir.

Parlons maintenant de KAYTRANADA, un jeune dude de MTL qui produit depuis l’âge de 14 ans. Maintenant âgé de 20 ans, il est un des plus gros hustler à Montréal, quand vient le temps de sortir des productions de qualité. Son récent mix pour l’excellent blogue LiveForTheFunk à déjà dépassé la barre des dix mille downloads. Tu peux aussi te procurer/écouter ses albums Kaytra Nada et Kaytrap. Il fait parti de la nouvelle vague de producteurs d’ici qui comprend, entre autres, Tommy Kruise, High-Klassified, Maxime Robin et tous les protagonistes de la scène PiuPiu/Artbeat. Tu peux downloader le mix drette en dessous, t’asseoir sur ton divan et #Tripper.

Finalement, je vous laisse avec un gros remix de la track « Teflon Dons » d’Alaclair par Vlooper, un autre excellent faiseur de son d’ici.

J’allais oublier, si je connais la majorité de ces artistes c’est à cause de 10kilos.us. C’est pas mal ton devoir de citoyen d’aller y faire un tour, question de savoir ce qui se passe dans le jeu.

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Quand mon artiste préféré…

Quand mon artiste préféré sort de la nouvelle musique, je n’ai pas vraiment le choix d’en parler. Et ce, même si c’est sorti depuis quelques temps déjà. Je ne sais pas trop comment ça a pu passer sous mon nez, mais Burial a un nouveau release sur Hyperdub. Le EP s’intitule Truant et comporte deux longues pièces, d’environ 12 et 14 minutes, Truant et Rough Sleeper.

La première track est entièrement construite, selon moi, sur la bassline, à part vers la fin, où le tempo se fait plus frénétique et déconstruit. Et puis non, la bass réapparait soudainement, pour clore le tout. J’ai beaucoup de difficulté à parler de Burial sans faire référence au cinéma. Tous ses morceaux semblent raconter une histoire, un truc un peu dramatique, qui est loin de bien se terminer. Le deuxième morceau, sans que je sache trop pourquoi, me donne des visions d’Asie, de ruelles sombres d’Hong Kong, de pluie… Pour ceux qui ont vu « Ghost in the Shell« , ça me fait penser à ce long plan-séquence. Bref, pour ne pas m’éterniser, c’est, encore une fois, magistral, un des meilleurs stimulants cervical sur le marché!

Voici le clip pour « Truant ». (Ce n’est pas un clip officiel.)

Je vous aime bien, donc, pour vous gâter un peu, j’essaie un nouveau truc. J’ai compilé mes morceaux favoris de la semaine, je les ai mis sur Soundcloud et vous pouvez downloader le tout! Quelle âme généreuse je possède! Ça commence avec un morceau de BEACH HEART (je ne sais pas comment faire les triangles, à la place des A), ça sonne comme du early U2, s’ils étaient jeunes en 2013, et aimaient gosser un peu avec des machines. On bifurque ensuite vers le house avec « Higher », du DMC champion Klever. Petit bloc EDM/Trap/R&B avec Cashmere Cat, Tomas Barford et Jane Wanderbilt. On termine en version « World » à la sauce bass/electro avec un morceau de Baile Funk de Zuzuka Poderosa, suivi d’un fou rework du classique « Ting-A-Ling » de Shabba Ranks, par Don D Selectah. Trois des morceaux viennent de la page de Top Billin, que j’ai razzié cette semaine.

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En rafale!

Ce qui a stimulé mes connexions synaptiques, cette semaine :

Jacques Greene est, sans contredit (Bye Contredit, ça se passe sans toi!), l’artiste House de l’heure, à Montréal. Son nouveau beat, Quicksand, est d’abord apparu sur le mix qu’il a produit pour Fader, il y a environ deux semaines. Une magnifique petite track house, avec influences UK Garage et une bassline qui goûte le cupcake! C’est parfait pour te mettre dans l’ambiance, si tu vas te geler le bout des orteils à Igloofest.

J’ai, finalement, écouté le premier opus d’A$AP Rocky : LongLiveA$AP. M. Rocky est un rappeur qui me branchait beaucoup, à l’été 2011. Son premier mixtape, LiveLoveA$AP, était presqu’un sans faute. Je pense que j’en avais parler ici. Anyway, son premier vrai album est très loin du sans-faute. En l’écoutant, hier, je pensais des trucs du genre : « Wow, ça sonne comme un long baillement » et « Rocky n’est pas un exemple de potentiel gâché, c’est un exemple de potentiel limité. » Je suis donc un peu surpris de la note de 8.5 que Pitchfork lui a accordé. Je vous met ma track favorite, un gros posse cut de 6 minutes, où Rocky se fait complètement éclipser par Kendrick Lamar et Danny Brown.

Je termine avec les deux artistes qui me font perdre la tête, en ce début 2013. Cashmere Cat et BenZel produisent la musique que j’ai envie d’écouter, la musique qui met des tranches de Soleil dans mon coeur. Alors, t’imagines ma joie quand, sur Twitter, Cashmere Cat annonce qu’il a remixé l’immense « Fallin’ Love » de BenZel. L’union fait la force! J’écoute en boucle…

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Musique de planneur

J’sais pas pour toi, mais moi, j’aime bien planner. Si t’aimes, tu vas adorer TWO’S. C’est le genre de musique que tu mets quand tu flottes sur les courants thermiques, aux commandes de ton planneur. (Si t’as pas de planneur, tant pis pour toi.) Je n’ai pas beaucoup d’informations sur le groupe/duo/robot/mangouste(?). Je sais qu’ils sont sur le label Aural Sects, que tu connais à travers des artistes tels que zxz et BLAM LORD. Je sais aussi que leur EP « Feel » est excellent. C’est de la musique dense, composée de plusieurs couches sonores qui s’imbriquent parfaitement pour créer une texture musicale complexe. Ça pourrait servir de soundtrack à ce rêve weird, celui où t’accouches d’une licorne en or massif, mais que tsé, ça ne faisait pas mal, dans le rêve. Je vous mets la pièce titre « Feel », qui vous donne une bonne idée de leur son.

Mon groupe favori, en 2012, fût, sans contredit, Purity Ring. Butterclock, ça leur ressemble beaucoup. Ils sortiront bientôt un EP sur le label F A N T A S Y music , que j’ai bien hâte d’entendre. Par contre, si vous me permettez une petit digression, je dois dire que l’esthétique entourant des bands comme Butterclock commence à devenir un peu lassante, ça manque d’originalité. En effet, leur cadre de références ne s’est pas renouvelé depuis quelques temps déjà. Sorcière, néo-gothisme, pentagrammes ou, du côté #Seapunk, des références hyper 90’s, genre tie dye fluo et animations 8bits. On fait toujours dans le recyclage. (Je sais bien que je ne suis pas le premier à le mentionner.) Je regarde et j’ai envie d’une esthétique neuve, d’entendre un son nouveau, quelque chose d’entièrement original, et j’ai peur que ce ne soit plus possible. Je suis conscient qu’il n’existe qu’une quantité finie de permutations possibles en musique, enfin, je crois. Par contre, pour ce qui est de l’aspect visuel, de l’habillage, je pense qu’il est possible d’être beaucoup plus créatif. Il est grand temps de créer du vrai « neuf », plutôt que cet éternel collage d’images et de références ironiques, vintages et branchouillardes. Fin de la digression. Tout ça pour dire que Butterclock c’est, quand même, excellent. Je vous mets le clip de la piste « Don’t » pour illustrer mon propos et vous faire découvrir.

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